« Le Christus vit »: Une exhortation apostolique pour les jeunes du pape François.

. Il est notre espoir et la plus belle jeunesse de ce monde. Tout ce qu’il touche devient jeune, devient nouveau, est rempli de vie. Par conséquent, les premiers mots que je veux adresser à chaque jeune chrétien sont: Il vit et il te veut vivant!  » C’est ce que le pape François a choisi pour commencer l’exhortation apostolique post-synodale le Christus vit, c’est le fruit du travail du dernier synode consacré aux jeunes, signé lundi dernier à la Sainte Maison de Lorette.

Libreville: Une cathédrale archicomble à l’occasion des 10 ans de la mort de Mme Edith Lucie BONGO ONDIMBA

Le lundi 18 Mars 2019 , la paroisse Cathédrale Notre Dame de l’Assomption de Libreville a fait son plein en début d’après midi du fait de la célébration de la messe à l’occasion de la messe anniversaire du décès de Mme Edith Lucie BONGO ONDIMBA. Cette messe a été présidée par le Père Jean Clair Patrick NGUEMA EDOU, Cssp , en sa qualité de Vicaire épiscopale chargé du Jubilé et des doyennés. Au cours de son homélie, Mgr le vicaire épiscopale s’est interrogé du fait de célébration de la mémoire de Mme Edith Lucie BONGO ONDIMBA à quelques jours de la célébration de la journée internationale des droits de la femme en ces termes : « Qu’est ce qu’une femme aujourd’hui au Gabon ? » Poursuivant son propos Mgr Jean Clair Patrick a relevé que l’humble pèlerinage de Mme Edith Lucie BONGO ONDIMBA a été marqué par « une recherche de l’amour de l’autre, du prochain et même de tout l’autre ». Poursuivant son propos, le vicaire épiscopal n’a pas manqué tout en fustigeant ceux et celles nanti qui s’investissent dans la perversité et le détournement des valeurs , voire la médiocrité. Edith Lucie a-t-il cité s’est employé ; « à promouvoir la vie : El Rapha, àlutter contre le VIH/SIDA, à s’investir dans l’éducation : la fondation Horizon nouveau ». Le prédicateur a vu dans ces multiples actions réalisées par Mme Lucie BONGO ONDIMBA « une volonté de relever l’homme et tout l’homme
». .

La présence massive des fidèles dans cette cathédrale relève bien d’une volonté du peuple de pouvoir dire à Dieu : / » Nous venons à toi Seigneur te recommander une fois encore ta servante Edith Lucie BONGO ONDIMBA, qui nous a quittés il y a dix ans; Nous ne voulons pas l’oublier ne l’oublie pas non plus; Fais-lui decouvrir enfin l’immensité de ton amour qu’elle trouve place près de toi dans l’assemblée de tous les saints et saintes »

Nouvelle-Zélande: «Prions ensemble pour nos frères musulmans»

les personnes se recueillent en hommage aux victimes des attaques des deux mosquées en Nouvelle- Zélande

Après la prière de l’Angélus du dimanche 17 mars, le Pape François a exprimé sa proximité à la communauté musulmane frappée par l’attaque de deux mosquées à Christchurch en Nouvelle-Zélande. 50 personnes ont été tuées.

«Je prie pour les morts, les blessés et leurs familles. J’exprime ma proximité à nos frères musulmans et à cette communauté, et je renouvelle mon invitation à s’unir par la prière et des gestes de paix pour contraster la haine et la violence.», tels sont les mots du Pape François pour faire part de sa solidarité aux victimes de l’«horrible» attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande. Le Pape François a invité les pélerins rassemblés place Saint-Pierre à prier pour ceux qui ont été tués.

Vendredi 15 mars, un suprématiste blanc australien, âgé de 28 ans, a attaqué deux mosquées de la ville de Christchurch, sur l’île sud du pays, au moment de la prière. 50 personnes ont été tuées, 34 demeurent hospitalisées. Sur internet, le tireur a partagé un manifeste de 70 pages dans lequel il détaille ses deux années de radicalisation et de préparatifs. L’auteur affirme que les facteurs déterminants ont été la défaite à la présidentielle française de 2017 de la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen et la mort de la petite Ebba Åkerlund à 11 ans dans l’attaque au camion-bélier de 2017 à Stockholm.LIRE AUSSI

Angélus: «la souffrance est un passage nécessaire mais transitoire»

17/03/2019

Angélus: «la souffrance est un passage nécessaire mais transitoire»

Les condoléances du Pape 

Dans un message de condoléances publié à la suite de l’attaque, le Pape François s’est dit «profondément attristé» par ces actes de violence «insensés» et assure «les Néo-Zélandais, et en particulier la communauté musulmane, de sa solidarité de tout cœur à la suite de ces attaques». Le Pape «recommande ceux qui sont morts à la miséricorde aimante de Dieu Tout-Puissant». Il prie pour toutes les personnes affectées par cette tragédie et «invoque les bénédictions divines de réconfort et de force sur la nation néo-zélandaise».

Élan de solidarité

Dans tout le pays, un élan de solidarité interconfessionnelle a été observé, avec des millions de dollars de dons, des achats de nourriture halal pour les victimes. «Nous nous tenons au côté de nos frères et soeurs musulmans», peut-on lire sur une grande banderole près d’un des sites où s’entassent des fleurs, dans un mémorial improvisé. Des fidèles de l’Eglise anglicane de Christchurch ont prié dimanche dans ce qui est surnommé leur «cathédrale en carton», bâtie après le terrible séisme de 2011.

Prière de l’Angélus: «Demeurons chaque jour recueillis pour quelques instants. Fixons notre regard intérieur sur son visage et laissons sa lumière nous pénétrer et irradier notre vie.»

Le Pape François a commenté en ce deuxième dimanche l’Évangile de Luc (9, 28b-36) qui nous fait contempler l’événement de la transfiguration. Lorsque Jésus concède à ses disciples un avant-goût de la gloire de la résurrection, il assure que la croix et les épreuves trouvent leur solution dans sa Pâques.
«L’évangéliste saint Luc (9,28-36) nous montre Jésus transfiguré sur la montagne, qui est le lieu de la lumière, symbole fascinant de l’expérience particulière réservée aux trois disciples», a expliqué le Pape François devant la foule réunie place Saint-Pierre. «Pendant qu’il priait, son visage devint autre et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante». Habitués à le voir chaque jour dans la simple apparence de son humanité, a commenté le Souverain Pontife, Pierre, Jacques et Jean restèrent saisis, «face à cette splendeur nouvelle qui embrasse toute sa personne». Et, a continué le Saint-Père, aux côtés de Jésus apparurent Moïse et Élie qui parlèrent avec Lui de son prochain «exode», c’est-à-dire de sa Pâques de mort et résurrection, «Alors Pierre s’exclama : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! ». Il voudrait que ce moment de grâce ne finisse plus !»

Suivre Jésus pour obtenir la vie éternelle 
Mais la transfiguration, a expliqué le Pape, «s’accomplit en un moment bien précis de la mission du Christ, c’est-à-dire après qu’il a confié aux disciples de devoir “souffrir beaucoup (…) Être tué, et le troisième jour, ressusciter”». Ainsi, Jésus est conscient que ses disciples n’acceptent pas cette réalité, et il veut les préparer à supporter le scandale de la passion et de la mort en croix, afin qu’ils sachent le chemin par lequel le Père céleste fera arriver son fils à la gloire. «Aucun n’arrive à la vie éternelle s’il ne suit pas Jésus, en portant sa propre croix lors de sa vie sur terre», a abondé le Saint Père. 
La perspective chrétienne de la souffrance
De cette manière, la transfiguration du Christ nous montre la perspective chrétienne de la souffrance. Ce n’est pas du «sadomasochisme», mais un «passage nécessaire et transitoire: en Lui est le salut, la béatitude, la lumière, l’amour de Dieu sans limite». En montrant sa gloire, Jésus nous assure que la croix, les épreuves, les difficultés dans lesquelles nous nous débattons trouvent leur solution et sont dépassées dans sa Pâques.

Le Pape François a alors invité les pèlerins à gravir la montagne avec Jésus, par la prière: «Demeurons chaque jour recueillis pour quelques instants. Fixons notre regard intérieur sur son visage et laissons sa lumière nous pénétrer et irradier notre vie.» La prière en Jésus-Christ et en l’Esprit Saint transforme la personne de l’intérieur et peut illuminer le monde alentour, a ajouté le Pape François, avant de conseiller de donner de l’espace à la prière et à la Parole de Dieu, que la liturgie nous propose en abondance ces jours-ci.
«Que la Vierge Marie nous enseigne à rester avec Jésus même lorsque nous ne le comprenons pas, ni lui, ni ses méthodes. Parce que c’est seulement en restant avec Lui que nous verrons sa gloire.», a conclu le Saint-Père.

Hommage à l’Abbé Aimé Noël NGWA NGUEMA


Né le 25 décembre 1933 à Lambaréné, Noël Aimé Ngwa Nguema est ordonné prêtre en 1964. Il est titulaire d’ une licence en théologie et en philosophie, puis un doctorat en lettres modernes à l’université de Strasbourg. l’Abbé Aimé Noël NGWA NGUEMA est décédé le 2 mars 2015 à Libreville. L’histoire retient que
l’Abbé Aimé Noël NGWA NGUEMA fut un pasteur très engagé, Curé fondateur de la paroisse Cœur Immaculé de Marie, il connu un combat politique qui lui donna de connaitre la persécution même dans sa propre chair.
La paroisse Cœur Immaculée s’est donnée sous le patronage de son curé l’Abbé Elias ANGA NGOUA, à l’occasion du 4ème anniversaire de son décès de vivre une commémoration à nul autre pareil. Nous publions ici l’homélie prononcé par l’abbé Casimir ONDO MBA.

Chers  frères et sœurs dans le christ !

Cela fait exactement quatre années que l’abbé Noel – Aimé NGWA – NGEMA n’est plus parmi nous.  Le sens de cette célébration pour le repos de son âme se reflète parfaitement dans une des oraisons proposées par l’Eglise pour une telle circonstance. En voici les premiers mots, je cite : « Nous venons à toi, Seigneur, pour te recommander N. ,  notre ami qui nous a quittés il ya X an(s),  nous ne voulons pas l’oublier , ne l’oublie pas, toi non plus… »

Oui, seigneur, nous sentons l’oublie entre les hommes comme une manière d’anticiper la mort de quelqu’un ou, si la personne est déjà dans l’autre monde, comme une preuve du peu d’amour ou de considération à son égard.  Par contre, le souvenir , sans constituer une impossible résurrection, nous épargne le sentiment d’amélioration total qui est sans doute l’effet le plus tragique de la mort ; surtout quand le souvenir se déroule dans la célébration du sacrement qui donne la vie et qui entretient jusque dans le monde à venir , en affirmant haut et fort que l’amour est vainqueur de la mort ;; l’amour qui a lié l’abbé Noël à jésus son seigneur ; l’amour fraternel qui nous a unis à lui de manière si profonde eau point que la simple évocation de son nom fait encore couler beaucoup de larmes des yeux du grand nombre ;

Oui, seigneur, nous ne voulons pas oublier l’abbé noël Ngwa-Nguéma , le prêtre fondateur de cette paroisse cœur immaculé de marie de Nzeng-Ayong ; ne l’oublie pas non plus seigneur , l’abbé noël Ngwa-Nguéma a toujours cru à l’église une, sainte , catholique , apostolique ; comme les premiers missionnaires et, pourrait –on dire , les authentiques bâtisseurs de tous les temps , l’abbé noël Ngwa-Nguéma a eu à cœur d’édifier une véritable communauté chrétienne assise sur des bases spirituelles et structurelles solides ; il croyait au lieu indissociable entre l’église et le sacerdoce, entre cette église et son sacerdoce qu’il a assumé avec courage et persévérance , en suscitant aussi la collaboration précieuse de tous les baptisés : religieuses , catéchistes…

Avec beaucoup de réalisme, il a montré que l’église est à la fois visible et invisible, elle couvre en même temps une dimension divine et invisible mais aussi une entité humaine et visible ; aussi, s’est-il investi dans l’édification judicieuse et patiente d’une paroisse dotée de chorales, de divers mouvements   de prières et d’action avec les adultes et les jeunes , les communautés chrétiennes vivantes de base , et tout ce qui est indispensable pour la vie de foi ;  et en même temps , pour ne pas séparer l’âme du corps ce qui est la définition de la mort , que d’installations hautement fonctionnelles , qui font la fierté légitime de cette paroisse, au point de point de vue scolaire , sanitaire et j’en passai , pour évoquer le superbe presbytère ;

En cette année des ;; ans d’évangélisation de notre pays , sa puissante voix doit continuer à  retentir à nos oreilles contre ce qu’il appelait : ( une foule de consommateurs, c’est-à-dire des chrétiens passifs , sans initiative ni originalité ; ; une église qui se contente de célébrations plus ou moins brillantes , mais sans impact sur la vie concrète des individus et de la collectivité 😉

Et  c’est –ici, dans cette attention à l’homme et à la société, que le prêtre et le citoyen se rejoignent en l’abbé  noël Ngwa-Nguéma ; oui, seigneur, nous ne voulons pas oublier le citoyen combattant de la dignité humaine au nom de sa foi ;; ne l’oublie pas , toi non plus…

Tout le monde reconnaît l’engagement public de l’abbé Noel depuis les bancs au moins de l’université pour que notre pays réalise sa belle devise : « Union, Travail, Justice », avec ce que ces mots suggèrent comme idéal socio- politique et économique, avec un soubassement hautement  humaniste et pourquoi pas, spiritualiste…

La situation du Gabon aujourd’hui montre que le combat de l’Abbé Noël Ngwa-Nguéma  et tout d’autres courageux patriotes était pleinement justifié. Notre pays ne mérite pas la physionomie grotesque qu’il présente  à la face du monde aujourd’hui, et les gabonais ne connaissent pas le sort qui sevrait être  le leur sur leur riche territoire  béni de Dieu…

Alors, comment rester neutre devant une telle situation ?

Comme se taire quand le contexte exige de dire la vérité, rien que la vérité ? Sous prétexte de séparation de l’Eglise et de l’Etat, faut-il laisser libre cours à l’arbitraire  et à la dégradation violente et planifiée du vivre –ensemble ?

        L’homme de Dieu, selon le mot du Pape Benoît XV accusé d’injustice par les deux camps de la guerre de 14-18 ? L’homme de Dieu ne peut rester neutre, presque indifférent, devant les horribles souffrances provoquées par un conflit gigantesque. Ce serait un  non assistance, coupable à l’humanité en danger. L’homme de Dieu doit rester impartial, au –dessus des luttes partisanes, pour défendre la dignité de tout être humain, et les droits inaliénables de la personne, en parlant au nom de la charité chrétienne, qui n’exclut nul individu de sa sollicitude. Dans son engagement pour un Gabon autre, il est difficile de penser que Noël ait pu avoir des compatriotes qu’il ne pouvait saluer, à cause d’une haine personnelle qui déborderait le cadre d’un débat d’idées. Nous ne voulons pas oublier le combattant qui essayait de rester loyal et humain dans le combat pour la cause nationale…. Ne l’oublie pas non plus, Seigneur…

              N’oublie pas non plus, enfin, l’homme de culture dont nous voulons garder un vivant souvenir. Pour l’Abbé Noël, la culture est l’âme d’un peuple ; le signe distinctif de ses membres ce qui permet à ce peuple d’être en contact fructueux des richesses ailleurs, dans ce vaste rendez-vous du donner et du recevoir chez un grand Léonard Sédar Senghor, en apportant sa part aux échanges.

Il serait déjà bénéfique pour notre pays que toutes ses ethnies se communiquent leurs richesses particulières. La conscience de l’importance de la culture pour l’individu et pour  la nation était si aigue chez l’Abbé Noël qu’il est permis d’y voir l’un des éléments constitutifs et l’un des facteurs d’unité de sa brillante personnalité. D’où par exemple, sur le plan religieux ,son insistance sur l’inculturation de la foi ,ce vaste chantier de la réception de l’évangile avant Jésus-Christ  par des gabonais bien pénétrés des valeurs ancestrales profondes qui sont déjà l’œuvre mystérieux de l’Esprit Saint dans tous les peuples. D’où aussi, comme citoyen engagé, l’ardeur à faire du Gabon un Etat de droit moderne, et non une jungle où la souveraineté  nationale, la prétendue exception gabonaise servent de prétexte à tous les dérapages. Il n’y a pas de culture ni même de développement en général sous système éducatif et sous modèle de  mérite performant, aussi l’Abbé Noël  a-t-il lutté de toute sa force contre la dérive de l’hôpital  et de l’école au Gabon. En parlant de la culture lors de son passage au Gabon à la Présidence de la République. Jean Paul II a dit : « soyez fiers d’être gabonais !» qu’en est-il de cette fierté en nous-mêmes  et aux yeux du monde ? Ne serions-nous pas de plus en plus sans le régime  de « la naissance avant la honte » auquel condamne un manque minimum de culture humaine, civique et religieux.

       Seigneur, nous aimerions par contre oublier les faiblesses de l’homme, les infidélités  éventuelles du Prêtre, la fourberie ou le double-langage facile en politique, en un mot les limites et le péché qui ont pu toucher l’Abbé Noël dans sa vie et son action…..Mais l’oubli n’est pas possible, ni pour nous qui gardons malgré nous les souvenirs les plus nuisibles et les plus pénibles….C’est encore plus vrai pour toi, le créateur de toutes choses, le Dieu omniscient qui embrasse d’un seul regard le passé, le présent et le futur de tout l’univers….Rien n’échappe à ta mémoire. Mais, nous savons que dans la miséricorde  et la puissance, toi qui a fait surgir toutes les créatures du néant, tu es capable de recycler nos déchets, nos manquements, nos lenteurs, notre péché. Du mal tu peux tirer le meilleur bien. Pour ton serviteur l’Abbé Noël, par la foi de l’Eglise et par l’espérance qui nous anime en ce moment. Alors, nous osons encore te prier :

                 Nous venons à toi, Seigneur

            Pour te recommander une fois encore  ton

           Ton serviteur l’Abbé Noël-Aimé NGWA –NGUEMA,

           Notre ami, qui nous a quitté il y a 4ans.

           Nous ne voulons pas oublier, n’oublie pas toi non plus,

          Fais-lui découvrir enfin l’immensité de ton amour ;

          Qu’il trouve place près de toi dans l’assemblée de tous les saints.

          Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. AMEN

Le message du Saint-Père pour le Carême 2019

 «La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu» (Rm 8,19)

Chers frères et sœurs,

Chaque année, Dieu, avec le secours de notre Mère l’Eglise, «accorde aux chrétiens de se préparer aux fêtes pascales dans la joie d’un cœur purifié» (Préface de Carême 1) pour qu’ils puissent puiser aux mystères de la rédemption, la plénitude offerte par la vie nouvelle dans le Christ. Ainsi nous pourrons cheminer de Pâques en Pâques jusqu’à la plénitude du salut que nous avons déjà reçue grâce au mystère pascal du Christ: «Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance»(Rm 8,24). Ce mystère de salut, déjà à l’œuvre en nous en cette vie terrestre, se présente comme un processus dynamique qui embrasse égalementl’Histoire et la création tout entière. Saint Paul le dit:«La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu» (Rm8,19). C’est dans cette perspective que je souhaiterais offrir quelques points de réflexion pour accompagner notre chemin de conversion pendant le prochain carême.

1. La rédemption de la Création

La célébration du Triduum pascal de la passion, mort et résurrection du Christ, sommet de l’année liturgique, nous appelle, chaque fois, à nous engager sur un chemin de préparation, conscients que notre conformation au Christ (cf. Rm 8,29) est un don inestimable de la miséricorde de Dieu.

Si l’homme vit comme fils de Dieu, s’il vit comme une personne sauvée qui se laisse guider par l’Esprit Saint (cf. Rm 8,14) et sait reconnaître et mettre en œuvre la loi de Dieu, en commençant par celle qui est inscrite en son cœur et dans la nature, alors il fait également du bien à la Création, en coopérant à sa rédemption. C’est pourquoi la création, nous dit Saint Paul, a comme un désir ardent que les fils de Dieu se manifestent, à savoir que ceux qui jouissent de la grâce du mystère pascal de Jésus vivent pleinement de ses fruits, lesquels sont destinés à atteindre leur pleine maturation dans la rédemption du corps humain. Quand la charité du Christ transfigure la vie des saints – esprit, âme et corps –, ceux-ci deviennent une louange à Dieu et, par la prière, la contemplation et l’art, ils intègrent aussi toutes les autres créatures, comme le confesse admirablement le «Cantique des créatures» de saint François d’Assise (cf. Enc. Laudato Sì, n. 87). En ce monde, cependant, l’harmonie produite par la rédemption, est encore et toujours menacée par la force négative du péché et de la mort.

2. La force destructrice du péché

En effet, lorsque nous ne vivons pas en tant que fils de Dieu, nous mettons souvent en acte des comportements destructeurs envers le prochain et les autres créatures, mais également envers nous-mêmes, en considérant plus ou moins consciemment que nous pouvons les utiliser selon notre bon plaisir. L’intempérance prend alors le dessus et nous conduit à un style de vie qui viole les limites que notre condition humaine et la nature nous demandent de respecter. Nous suivons alors des désirs incontrôlés que le Livre de la Sagesse attribue aux impies, c’est-à-dire à ceux qui n’ont pas Dieu comme référence dans leur agir, et sont dépourvus d’espérance pour l’avenir (cf. 2,1-11). Si nous ne tendons pas continuellement vers la Pâque, vers l’horizon de la Résurrection, il devient clair que la logique du «tout et tout de suite», du «posséder toujours davantage» finit par s’imposer.

La cause de tous les maux, nous le savons, est le péché qui, depuis son apparition au milieu des hommes, a brisé la communion avec Dieu, avec les autres et avec la création à laquelle nous sommes liés avant tout à travers notre corps. La rupture de cette communion avec Dieu a également détérioré les rapports harmonieux entre les êtres humains et l’environnement où ils sont appelés à vivre, de sorte que le jardin s’est transformé en un désert (cf. Gn 3,17-18). Il s’agit là du péché qui pousse l’homme à se tenir pour le dieu de la création, à s’en considérer le chef absolu et à en user non pas pour la finalité voulue par le Créateur mais pour son propre intérêt, au détriment des créatures et des autres.

Quand on abandonne la loi de Dieu, la loi de l’amour, c’est la loi du plus fort sur le plus faible qui finit par s’imposer. Le péché qui habite dans le cœur de l’homme (cf. Mc 7, 20-23) – et se manifeste sous les traits de l’avidité, du désir véhément pour le bien-être excessif, du désintérêt pour le bien d’autrui, et même souvent pour le bien propre – conduit à l’exploitation de la création, des personnes et de l’environnement, sous la motion de cette cupidité insatiable qui considère tout désir comme un droit, et qui tôt ou tard, finira par détruire même celui qui se laisse dominer par elle.

3. La force de guérison du repentir et du pardon

C’est pourquoi la création a un urgent besoin que se révèlent les fils de Dieu, ceux qui sont devenus “une nouvelle création” : «Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né» (2 Co 5,17). En effet, grâce à leur manifestation, la création peut elle aussi «vivre» la Pâque: s’ouvrir aux cieux nouveaux et à la terre nouvelle (cf. Ap 21,1). Le chemin vers Pâques nous appelle justement à renouveler notre visage et notre cœur de chrétiens à travers le repentir, la conversion et le pardon afin de pouvoir vivre toute la richesse de la grâce du mystère pascal.

Cette“impatience”, cette attente de la création, s’achèvera lors de la manifestation des fils de Dieu, à savoir quand les chrétiens et tous les hommes entreront de façon décisive dans ce “labeur” qu’est la conversion. Toute la création est appelée, avec nous, à sortir «de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu» (Rm 8,21). Le carême est un signe sacramentel de cette conversion. Elle appelle les chrétiens à incarner de façon plus intense et concrète le mystère pascal dans leur vie personnelle, familiale et sociale en particulier en pratiquant le jeûne, la prière et l’aumône.

Jeûner, c’est-à-dire apprendre à changer d’attitude à l’égard des autres et des créatures: de la tentation de tout “dévorer” pour assouvir notre cupidité, à la capacité de souffrir par amour, laquelle est capable de combler le vide de notre cœur. Prier afin de savoir renoncer à l’idolâtrie et à l’autosuffisance de notre moi, et reconnaître qu’on a besoin du Seigneur et de sa miséricorde. Pratiquer l’aumône pour se libérer de la sottise de vivre en accumulant toute chose pour soi dans l’illusion de s’assurer un avenir qui ne nous appartient pas. Il s’agit ainsi de retrouver la joie du dessein de Dieu sur la création et sur notre cœur, celui de L’aimer, d’aimer nos frères et le monde entier, et de trouver dans cet amour le vrai bonheur.

Chers frères et sœurs, le «carême» du Fils de Dieu a consisté à entrer dans le désert de la création pour qu’il redevienne le jardin de la communion avec Dieu, celui qui existait avant le péché originel (cf. Mc 1,12-13; Is 51,3). Que notre Carême puisse reparcourir le même chemin pour porter aussi l’espérance du Christ à la création, afin qu’«elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, puisse connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu» (cf. Rm 8,21). Ne laissons pas passer en vain ce temps favorable! Demandons à Dieu de nous aider à mettre en œuvre un chemin de vraie conversion. Abandonnons l’égoïsme, le regard centré sur nous-mêmes et tournons-nous vers la Pâque de Jésus: faisons-nous proches de nos frères et sœurs en difficulté en partageant avec eux nos biens spirituels et matériels. Ainsi, en accueillant dans le concret de notre vie la victoire du Christ sur le péché et sur la mort, nous attirerons également sur la création sa force transformante.

Du Vatican, le 4 octobre 2018,

Fête de Saint François d’Assise.

FRANÇOIS

Audience générale du Pape François : « la prière chasse toute peur »

« 

« La prière chasse toute peur », a affirmé le pape François à l’audience générale de ce dernier mercredi de l’an de grâce 2019, place Pierre.

Poursuivant ses catéchèses sur le prière du Notre Père, en méditant sur la demande « Que ton Nom soit sanctifié », le pape a expliqué que le Notre Père éduquait celui qui le prie « à ne pas multiplier les paroles vaines », car Dieu sait de quoi nous avons besoin : « le premier pas de la prière chrétienne est donc de s’en remettre à Dieu, à sa providence ».

Les demandes du chrétien, a-t-il ajouté, expriment sa confiance dans le père, et « la confiance nous conduit à demander ce dont nous avons besoin, sans angoisse ni agitation ».

« Dieu est saint mais si notre vie n’est pas sainte, il y a une grande incohérence : la sainteté de Dieu doit se refléter dans nos actions, dans nos vies… sinon cela scandalise », a aussi averti le pape.

Voici la synthèse de la catéchèse en français.

Synthèse de la catéchèse en français

Frères et sœurs,

La prière du « Notre Père » est composée de sept demandes, facilement divisibles en deux sous-groupes. Avec les trois premières, Jésus nous fait entrer dans ses désirs, tous tournés vers le Père, alors que, dans les quatre autres demandes, c’est lui qui entre en nous et se fait l’interprète de nos besoins. Là se trouve la matrice de toute prière chrétienne : la contemplation de Dieu et de son mystère, d’une part, et de l’autre, une sincère et courageuse demande de ce qui nous est nécessaire pour vivre, et vivre bien.

Point n’est besoin de vaines paroles pour parler avec Dieu : le premier pas de la prière chrétienne est toujours de s’en remettre à Dieu, à sa providence, car il connaît notre cœur mieux que nous-mêmes. Ainsi, la confiance nous conduit à demander ce dont nous avons besoin, sans angoisse ni agitation. C’est pour cela que nous prions en disant, « que ton nom soit sanctifié ». En demandant avec Jésus, que Dieu le Père soit reconnu par tous et adoré pour ce qu’il est vraiment, nous prions aussi pour que la sainteté de Dieu soit manifestée par notre vie et dans le monde. Car la sainteté de Dieu est une force en expansion ; elle s’élargit en cercles concentriques. Voilà pourquoi la prière chasse toute peur. Une chose est sûre : l’Esprit travaille en secret pour la rédemption du monde et les jours du mal sont comptés !