En route vers lourdes…

romepeleDes pèlerines gabonaises saluées par le Pape François lors de l’audience générale du mercredi dernier ont quitté rome hier en direction de Lourdes. Elles avaient déjà vécu deux étapes de leur pèlerinage : Parais le moniale et Montlegion. L’étape de rome a déclaré une des pèlerines « nous a permis non seulement de traverser la porte sainte de la basilique saint Pierre mais de vivre des moments de silence fort auprès de Saint Jean Paul II , de la tombe de Saint Pierre où nous nous sommes donné de renouveler notre profession de foi. Que de merveilles vécues : un séjour extraordinaire.

La paroisse Sainte Jeanne de likouala a 40 ans

mgr à likoualaMgr Basile Mve Engone a présidé la messe le dimanche 19 Juin 2016 à 9h 30 en la paroisse Sainte Jeanne d’arc de Likouala. Une chapelle de la paroisse saint Pierre  construite sur un terrain vague à la sortie du camp militaire de Baraka, au bord de Battavea , elle fut érigée en paroisse par Mgr André Fernand Anguilé le 1er Novembre 1976; l’Abbé Jules Pandjo fut le premier curé. Une oeuvre d’évangèlisation qui avant son érection en paroisse accueillera dès 1968: Mr l’Abbé Jules Pandjo ,Mr l’Abbé Cyriaque Syméon  Obamba, qui, après sa nomination pour la charge épiscopale, passe le flambeau au Père Gabillard et à Mr l’Abbé Jean Robert Iboulia.

Une vie paroissiale va voir le jour avec  l’Abbé Pandjo , 1er curé de la paroisse.il y restera jusqu’au  27 octobre 1993, date de sa mort.  l’Abbé Pandjo sera remplacé par Mr l’Abbé Joseph Onuhoa, puis l’Abbé Augustine Okoroafor (pretres fidei donum) qui donneront une impulsion toute particulière à cette communauté paroissiale. Le Père Festus de la Congregation des Pères du Saint Esprit qui succedera à ses derniers entreprendra une transformation toute particulère avec un plan d’ensemble de restauration du cadre paroissiale qui sera poursuivi par le Père Jean Patrick Nguema Edou et parachevé par le Père Jean Max.

Homélie du 12ème dimanche du temps ordinaire, Année C

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Abbé Stany M

L’évangile de ce dimanche est un texte su et reçu. Nous avons sans doute écouté et médité plusieurs ce récit retraçant un échange fort entre Jésus et ses disciples sur la question de son identité. A l’interrogation du maître : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous qui suis-je ? » Pierre donne une réponse véritablement inspirée de l’Esprit : « Tu es le Christ, le Messie de Dieu ». Aussi belle soit-elle, cette formulation demeure ambigüe quant au sens qu’on pourrait éventuellement lui donner. Que signifie ce titre de « Christ et Messie de Dieu » que le chef des apôtres attribue à Jésus ? Chacun des textes de la liturgie de ce dimanche semble, à sa manière, vouloir expliquer les propos de Pierre, en révélant un aspect important de l’identité de ce Jésus, Christ et Messie de Dieu.

La première lecture, tirée du livre de Zacharie, annonce de manière prophétique la figure énigmatique de ce Messie « fils unique », « transpercé » qui lavera Jérusalem de ses péchés.

Le psaume nous chante sa divinité : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube », nous apprenant ainsi à n’établir aucune distance entre le Dieu que nous prions et contemplons au sanctuaire et la personne humaine du Messie.

Dans l’extrait de la lettre aux Galates, qui est la deuxième lecture de ce dimanche, l’apôtre Paul nous dit qu’il est celui à qui nous sommes unis par le baptême, au point de devenir un seul peuple : « Il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus ».

Chacune de ces affirmations est vrai pour nous, dans la foi de l’Eglise. Elles sont appelée à devenir, chaque jour, un peu plus, une réponse personnelle que je donne au Seigneur et de la quelle je n’hésite pas à témoigner devant les hommes. Exerçons-nous, comme chrétiens et fils de l’Eglise, à opérer ce passage de ce que dit la foule – la foi proclamée dans l’assemblée de l’Eglise – vers une foi de plus en plus personnelle, qui assume pleinement ce qu’enseigne l’Eglise.

Le Christ auquel je crois ne sera jamais que ce Messie qui, concrètement, vient épouser ma vie personnelle pour devenir pour moi le crucifié, le Dieu vivant et réconciliateur des hommes. S’il l’est réellement, je pourrais trouver la force décisionnelle de renoncer à moi-même, de prendre ma croix chaque jour pour marcher à sa suite. Ce risque de la foi personnelle demeure la condition sans laquelle je ne peux véritablement faire de ma vie une histoire de salut.

Omar Bongo Ondimba : 7ème anniversaire de décès.

mgr Basile au stade.jpgPour Mgr Basile MVE ENGONE accompagné de Mgr Jean Jacques Kombila Mboumba, Vicaire Général de Libreville et de l’Abbé Saint Laurent Manvoula, recteur du séminaire Saint Jean  :
« La paix est ainsi un don merveilleux de Dieu, mais elle doit être aussi une construction humaine, une construction de tous les peuples, une construction de chaque peuple, une construction de notre peuple, une construction du peuple gabonais et de chaque gabonaise, et de chaque gabonais. »

Le stade de Nzeng -Ayong a servi de cadre, le mercredi 8 Juin 2016 à la célébration commémorative de la mémoire du regretté président Omar Bongo Ondimba. Une cérémonie religieuse publique qui a rassemblé des croyants de tout bord au nombre desquels   Mgr Basile Mve Engone , Sdb , Archevêque de Libreville,  Ismaël Oceni Ossa, Imam de la Mosqué Assan II de Libreville,  le Révérend pasteur  Jacques Ndong Ekouaghe, Président de l’Eglise Evangélique du gabon, le Révérend pasteur Michel Francis Mbadinga, responsable des églises du Réveil, le Révérend pasteur Jude Benjamin Ngouwa, des Assemblées Pentecôtistes et le Révérend pasteur Victor Ndoukou, président de l’Alliance chrétienne du Gabon.  Cet hommage à feu Omar Bongo Ondimba a vu la présence du Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba, du premier ministre chef du gouvernement et bien d’autres personnalités.

Nous publions ici le discours de l’Archevêque de Libreville Mgr Basile Mvé Engone :

« Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s’effraie » (JN 14, 27)
Le langage chrétien parle de testament pour désigner les deux principales parties de la sainte Bible, le Livre par excellence, le Texte sacré des Juifs et des Chrétiens; divisé alors en Ancien et Nouveau Testament. Le mot testament a le sens d’Alliance dans ce contexte général. Cependant, dans quelques passages bibliques, Testament a le sens courant d’expression des dernières pensées et des dernières volontés des personnages marquants avant leur mort ou en prévision de leur départ définitif ( GN 47,27-31 ; DT 33 ; 1R2, 15-15 ; JN 13,16 ; AC 20,17-38). Le passage que nous venons d’entendre en Jn 14,27 fait partie des discours d’adieu du Christ avant sa Passion, et c’est ce qui lui confère une importance particulière sur les lèvres du Maitres et aux oreilles de ses disciples.
Jésus s’inspire de la formule de politesse ordinaire de son peuple pour enseigner une vérité profonde sur la paix. En effet, pour se saluer et pour prendre congé les uns des autres, les Juifs disaient : « Paix à toi, Paix à vous » ce qui correspond à nos formules de politesse « bonjour, bonsoir, aurevoir, adieu, à la prochaine… » Dans la mentalité sémitique, la paix comprend tous les biens matériels moraux, sociaux, spirituels qui rendent l’être humain heureux et que les fils d’Israël attendaient du Messie.
Pourquoi Jésus dit-il « qu’il ne donne pas la paix-sa paix-comme le monde la donne », on pourrait dire à la manière du reste des hommes ? Nous pouvons penser à nos propres formules de politesse si vides et si superficielles. Il arrive qu’on demande souvent comment va une personne sans même écouter la réponse. Ou bien si l’on écoute quand même, on ne se dérange pas pour résoudre même un tout petit problème qu’elle nous pose. Nous éprouvons aussi un sentiment d’impuissances devant certaines détresses. En ce qui concerne Jésus, le Messie qui doit apporter à son peuple le salut et la paix, les vœux qu’il exprime engage toute sa personne et son activité. En lui, rien de cette superficialité qui nous éloigne des besoins réels des autres ni rien non plus de cette impuissance qui réduit à néant nos meilleurs intensions.
Qu’est-ce à dire, sinon que la paix est avant tout un don de Dieu dans sa providence. Le créateur conduit sa création avec sagesse et amour même à travers les catastrophes naturelles ; il veut que l’histoire des hommes se déroule dans la concorde et la solidarité ; il veut que les familles vivent dans l’unité et l’harmonie, pour bien remplir leurs tâches domestiques, éducatives, civiles et politiques. Il veut que les citoyens d’un pays se comportent comme des frères et des sœurs, tournés vers le même but, l’intérêt général. Il veut que les pays vivent en coopération les uns avec les autres pour l’épanouissement de tous sur la terre. Vraiment, la paix est le résumé de tous les bienfaits de Dieu, jusqu’au-delà de la mort, en cet état ou les justes de toutes les religions espèrent le bonheur sans fin avec la paix éternelle.
Mais un don de Dieu sollicite toujours la réponse responsable de l’homme, à commencer par le don de la vie elle-même qu’il faut accueillir, protéger et développer. Ensuite la pluie, le soleil, les rivières, les richesses minières ; la forêt, sont autant de bienfaits de Dieu à ses enfants à travers la nature. Mais pour que l’être humain et la société tout entière en bénéficient, il faut se mettre intelligemment au travail. Il en va ainsi pour tous les domaines car, dit le grand Evêque et Docteur africain, saint Augustin, au 4ème siècle de notre ère : « Dieu qui nous a créés sans nous, ne nous sauvera pas sans nous ! » la paix est ainsi un don merveilleux de Dieu, mais elle doit être aussi une construction humaine, une construction de tous les peuples, une construction de chaque peuple, une construction de notre peuple, une construction du peuple gabonais et de chaque gabonaise et de chaque gabonais.
La construction de la paix, de la véritable paix, conforme aux merveilleux dons de Dieu ne va pas de soi. Elle nous exige des efforts constants et des sacrifices lucides et permanents, au plan mental et de l’action. Peut-on construire la paix avec Dieu et selon Dieu en acceptant que « qui veut la paix prépare la guerre ? » Dieu peut-il agréer une prière pour la paix avec de telles idées ? N’est-ce pas se moquer de la prière ? La paix impose que chacun de nous renonce à quelque chose pour un si grand bien. Attendons-nous le renoncement seulement de la part des autres ? À quoi sommes-nous personnellement prêts à renoncer pour sauver la paix ? Peut-on parler de paix quand on utilise un discours de menace ou pire encore quand des mots d’amitié cachent des sentiments et des gestes de division et de violences ? Dieu n’aime pas la ruse et l’hypocrisie, il connait nos pensées les plus sécrètes.
La paix peut-elle exister quand fait défaut la solidarité nationale ? « Rien ne divise les citoyens autant que les injustices sociales, l’accaparement des richesses par un groupe au détriment de la majorité du peuple », écrit le Pape François.
La paix peut-elle être solide quand sévit le chômage, quand les familles peinent à se loger, à se soigner, à se nourrir, à pouvoir à l’éducation de leur enfant ? Le développement intégral et durable « n’est-il pas le nouveau nom de la paix » écrivait le Bienheureux Pape Paul VI de la paix qui apporte joie profonde et visible dans l’existence et la société ? La paix peut-elle cohabiter avec un climat d’insécurité, de peur, de manque de dialogue avec les autres, d’oppression ?
Chers compatriotes, nous n’allons pas continuer à faire cet examen de conscience qui s’impose à chacun en incluant des éléments très personnels. Nous allons plutôt conclure notre propos par quelques remarques sur le sens que nous accordons à ce que nous sommes en train de vivre. Quel est la nature de la prière pour la paix ?
D’aucuns estiment que la prière pour la paix est impossible quand les conditions de paix ne sont pas réunies. Ceux qui pensent cela ne confondent-ils pas la prière de demande avec la prière d’action de grâce ou de louange ? Nous pouvons certes remercier le Seigneur pour les jours tranquilles qu’il nous a déjà longtemps accordés. Mais nous sommes là avec inquiétude pour l’avenir, et nous implorons qu’il nous épargne le spectre de la violence et de la guerre civile. On ne prie pas pour demander un bienfait bien consistant, mais pour solliciter quelque chose d’inexistant, de fragile et nous devons nous y mettre tous pour cette prière.
On peut aussi organiser une prière comme moyen de distraction pour noyer les vrais problèmes, distraire pratiquement le peuple. Une telle prière n’est pas sincère, car elle croit tromper les hommes, mais elle se moque de Dieu. Or, on ne se moque pas de Dieu sans s’exposer à de gros ennuis.
Enfin, certains accordent à la prière une puissance magique contrairement au rappel de nos responsabilités avec examen de conscience comme on l’a vu ci-dessus. La véritable prière nous attire la bienveillance et la force de l’intervention Divine. Mais elle nous fait aussi entendre les prescriptions divines : « Ma paix est à votre disposition, pour votre grande joie. La balle est cependant dans votre camp. Comment pouvez-vous éviter les guerres larvées ou aigües, les querelles incessantes, quand vous cultivez les plantes vénéneuses de l’orgueil, de l’ambition démesurée, du mensonge, de l’égoïsme, du parti pris, du machiavélisme, de l’hypocrisie, et j’en passe… la paix est fort laborieuse dans ces conditions lamentables. Changer mentalité et de comportements, et vous avez la paix en plénitude ! »
Voici la bénédiction que Dieu a prescrite à Moïse pour obtenir la divine paix :
« Que Yahvé vous bénisse et vous garde !
Que Yahvé fasse pour vous rayonner son visage et vous face grâce !
Que Yahvé vous découvre sa face et vous apporte la paix ! » (NB 6,22-27)
Amen !
POLITIQUE

 

Gabon: Philippe Mory , Le Père du cinema gabonais se donne la mort.

 

Telle la fin d’un court métrage dramatique, Philippe Mory , père du cinéma gabonais s’est tiré des chevrotines dans la bouche lPhilippe Morye mardi 7 juin 2016 autour de 19 haures à Libreville. Selon les premiers témoignages, ses voisins ont entendu, du studio qu’il occupait ces derniers temps à Nzeng-Ayong dans le 6e arrondissement de la commune de Libreville, une détonation d’arme à feu puis le bruit sourd d’une masse tombée. Quelle fin de film, si l’on estime que la vie est un film dont nous sommes les acteurs, n’est ce pas que le voeu nôtre est que notre film se termine avec une fin heureuse? Tu me fais comprendre ce soir que l’artiste est un être temporel et mortel tandis que l’art se veut éternel et immortel comme l’affirmait Charles Baudelaire:  » Bien qu’on est du Coeur à l’ouvrage, l’Art est long et le temps est court ». Mais qui est celui dont on parle? Qui Philippe Mory?
Il est né en 1935. Il démarre sa carrière cinématographique en France. Comédien de théâtre et de cinéma, l’homme participe d’abord en tant que comédien au tout premier court métrage qui marque le début de la cinématographie officielle d’Afrique noire : Afrique sur Seine, de Paulin Soumanou Vieyra. (1954). Il est de nouveau acteur dans L’enfant au fennec de Jacques Dupont (1958).
Repéré par le cinéaste Michel Drach, Philippe Mory devient le premier comédien d’origine africaine, à tenir un rôle principal dans un film français, On n’enterre pas le dimanche (prix Louis Delluc 1959).
En 1962, il écrit le scénario de La cage réalisé par Robert Darène, avec Marina Vlady et Jean Servais dans lequel il joue. C’est le premier long métrage tourné au Gabon voire même en Afrique noire indépendante. Il joue ensuite adns Les filles sèment le vent de Louis Soulannes (1960).
En 1964 il participe à un coup d’Etat qui visait à renverser Léon Mba, le premier président gabonais. Il est vingt-quatre heures ministre de la Culture. Le temps pour la France de faire intervenir ses « marines », le 6ème BIMA. Ses trois années de prison n’ont nullement entamé son engagement et il n’a pas cessé d’apporter son énergie au développement du cinéma au Gabon et en Afrique.
En 1971, il réalise son premier et unique film Les tam-tams se sont tus. Il crée en 1975 avec d’autres pairs cinéastes africains la Fédération Panafricaine des Cinéastes (FEPACI), et la même année le Centre National du Cinéma gabonais (CENACI).
Philippe Mory reprend sa carrière d’acteur avec Le grand blanc de Lambaréné de Bassek Ba Kobhio (1994), Orèga de Marcel Sandja (1997), Gozamb’olowi (Au bout du fleuve) de Imunga Ivanga (1999), Dolè de Imunga Ivanga (2000), Les couilles de l’éléphant de H-J Koumba Bididi (2000) et L’ombre de Liberty de Imunga Ivanga (2006). Le père de cinema gabonais rend l’âme ce 07 Juin 2016 après s’être tiré une balle.

Philippe merci pour ton œuvre , tu as toujours été un artiste engagé. Que diront les critiques sur ton ultime réalisation loin des caméras? Tu es demeuré un vrai acteur, réalisateur…si ta première réalisation s’est intitulée : on enterre pas le dimanche quel titre donnerons -nous à ton ultime réalisation: le cri de l’artiste dans notre pays? Philippe , tu as sans doute voulu essayer comme l’enfant mort pendu en jouant le pendu. Que le Seigneur te fasse miséricorde.

ASPM

Homélie du 10ème dimanche du Temps Ordinaire, Année C

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Abbé Stany Mapangou Mboumba

Dans l’évangile de ce dimanche, comme dans la première lecture, nous voyons l’homme de Dieu ressusciter le fils d’une veuve pour le rendre à sa mère. Dans le premier cas, il s’agit de Jésus ; dans le second, il s’agit du prophète Elie. A travers eux, c’est toujours le même Dieu qui agit et qui donne la vie. Parce qu’il est un Dieu vivant, notre Dieu ne se plaît pas à donner la mort, mais plutôt la vie. Et la sagesse d’Israël a su le dire : « Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants – notez qu’on ne parle pas seulement des hommes, mais de tous les vivants – (…) Pourtant les impies ont invité la mort (…) la tenant pour amie (…) ils ont fait un pacte avec elle ». Ces paroles se retrouvent dans le Livre de la Sagesse (Sg 1,13.16).

Ce serait manquer de jugement que de ne pas voir que le récit de Luc s’inspire fortement de cet épisode de la vie d’Elie, grande figure prophétique. Jésus agit comme les prophètes qui l’ont précédé. Il reprend leur engagement aux côtés des plus faibles et des plus pauvres pour rendre visible, dans leur vie, le règne de Dieu qu’il est venu leur annoncer. Cela devrait nous pousser à nous interroger comme chrétiens sur la réalisation concrète de ce règne dans notre vie personnelle et autour de nous.

Si Dieu agit au creux de cette réalité de la vie de l’homme qu’est la mort qui, en même temps qu’elle lui échappe, lui fait tant de mal, c’est pour montrer jusqu’où va son action : elle nous suit et nous transforme jusque dans notre plus grande fragilité. Paul en témoigne dans la deuxième lecture : « Frères, je tiens à ce que vous le sachiez, l’Evangile que j’ai proclamé n’est pas une invention humaine. Ce n’est pas non plus d’un homme que je l’ai reçu ou appris, mais par révélation de Jésus-Christ. Vous avez entendu parler du comportement que j’avais autrefois (…). Mais Dieu m’avait mis à part dès le sein de ma mère ; dans sa grâce, il m’a appelé ; il a trouvé bon de révéler en moi son Fils, pour que je l’annonce parmi les nations païennes ».

Méditons ce texte de Paul, dont toute la vie dégage la puissance transformatrice de l’Evangile. Jamais il ne reste à la surface, mais il chercher à pénétrer toujours bien en profondeur pour renouveler l’homme entier. Dieu connaît notre humanité. Faisons-lui confiance. Humain et compatissant il sait le demeurer tout en étant un sauveur divin et puissant : «  Le Seigneur fut saisi de compassion pour elle (la veuve) et lui dit : « Ne pleure pas ». Ces simples paroles nous font dire comme la foule : « un grand prophète s’est vraiment levé parmi nous et Dieu a visité son peuple » .

S.M