Libreville: Abbé Casimir a présidé la messe des funérailles de Lazare DIGOMBE et a invité les fidèles en ces termes :  » élevons la voix vers le seigneur, vers Dieu notre Père pour qu’il accueille notre parent Lazare DIGOMBE dans son royaume et lui accorde le repos éternel dans la béatitude. »

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C’est la bible ouverte dans le chœur de la cathédrale Notre Dame de L’Assomption tournée vers les fidèles et la dépouille de Lazare au milieu de l’allée centrale dans la nef qui ont constitué le décor dans ce haut lieu de spiritualité chrétienne. Sans oublié la présence du Cierge Pascale symbolisant le Christ ressuscité. Cette messe a été présidée par L’Abbé Casimir Ondo Mba, un familier de Ladigo. L’Abbé Casimir fut un membre très influent du bureau de l’union gabonaise de recherche pastorale dont Lazare DIGOMBE fut président.
En effet , durant leur jeunes années d’études, les prêtres gabonais dans le vent du concile Vatican II ont organisé leur pensée et Lazare fut un des ténors. La communauté des prêtres en mission d’étude fut constituée de:
Alihanga Martin, Damas Djodjis Georges, Digobe Lazare, Ebouilia Jean -Robert, Elelaghe Jean -Pierre, Mboumb Bwass Florent, Mintsa mi – Mbeng Joseph, Nguema-Obam Paulin, Ondo -Mba Casimir.
Dans cette lancée nous pouvons saisir les Paroles dû célébrants dont nous livrons ici toute la pensée portée sur la personne de « Ladigo »:

Excellences, Mesdames et Messieurs,
Chers parents, Chers amis,
Nous sommes rassemblés ce jeudi 15 juin 2017, en cette Cathédrale Notre Dame de l’Assomption, pour rendre l’hommage culturellement convenu au défunt Lazare DIGOMBE, rappelé à Dieu une semaine plus tôt au Centre Hospitalier Universitaire (C.H.U.) d’Angondje, des suites d’une maladie.
Depuis cette date du 08 juin 2017 qui marque la fin de son pèlerinage terrestre, chacun de nous réunis ici, s’est vraisemblablement attaché à reconstruire mentalement son tableau de souvenirs communs avec notre illustre disparu.
De toute évidence, il a su être l’époux, le père, l’oncle, le grand-père, l’ami, le confident, l’enseignant, le collègue enseignant, le patron de laboratoire, le directeur, le député, le ministre.
Chacun peut en convenir, en somme une vie bien remplie.
Mesdames et Messieurs, allons à la découverte de Lazare DIGOMBE, dont nous sommes nombreux à considérer qu’il était une personnalité très distinguée et très attachante.
Monsieur Lazare Digombe est né le 15 mars 1938 à Mouila, dans la province de la Ngounie. Il commence sa scolarité à l’école primaire de la Mission Saint – Martin des Apindji.
Ecolier brillant, il est retenu en juillet 1951, en vue du sacerdoce, avec d’autres compatriotes à travers le Gabon, par Monseigneur Jean-Jérôme ADAM, alors évêque du territoire du Gabon, lors de sa tournée annuelle des missions catholiques.
C’est donc sous l’aile protectrice de l’évêque que cette délégation se transporte au Séminaire Saint – Jean, rallié au début du mois de septembre 1951, après avoir séjourné à la Mission Notre Dame des trois épis de Sindara et à la Mission Saint François Xavier de Lambaréné.
Très vite, le jeune DIGOMBE parachève sa scolarité du primaire avec les classes de cours moyen 1 et 2 accomplies respectivement à l’Ecole catholique Saint-Joseph à Sainte-Marie et au Séminaire Saint Jean actuel.
Et chaque fois, l’appréciation « très bon élève » sanctionne son parcours.
C’est donc tout naturellement qu’il obtient le Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires (C.E.P.E.) et son concours d’entrée en 6ème au Collège Bessieux pour l’année scolaire 1953-1954.
Sa scolarité, au niveau du secondaire, est effectuée dans cet établissement où jeune homme devenu, il se fera de nombreux amis.
Il obtient son Baccalauréat au grand Séminaire LIBERMAN de Brazzaville (CONGO). Dès l’obtention de ce diplôme, en 1960, il s’envole pour la France, lauréat de la bourse d’études octroyée aux meilleurs élèves de l’Afrique Equatoriale Française (A.E.F.).
Après un bref séjour au grand séminaire de Brazzaville, notre illustre disparu poursuivra des études de droit canon à l’Université Catholique de Louvain en Belgique, puis en Italie.
Il est ordonné prêtre en septembre 1966 dans la ville de Mouila, avant de regagner à nouveau l’Europe où il séjournera jusqu’en 1980, année de son retour définitif au Gabon, déterminé à servir son pays dans le civil.
Auparavant, il aura approfondi une double formation de théologien et d’historien l’ayant conduit dans tout l’espace méditerranéen, sanctionnée par une thèse de doctorat d’histoire ancienne, soutenue devant l’Université de Strasbourg en France.
Son retour au pays natal marque l’avènement d’une carrière universitaire majeure au Département d’Histoire de l’Université Omar Bongo.
Cumulativement à sa fonction d’enseignant, il est nommé Assesseur, puis Doyen de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines en1981, Directeur de l’Enseignement Supérieur en 1987, Secrétaire Général de l’Université Omar Bongo en 1988.
Assurément, Monsieur Lazare DIGOMBE figure en bonne place parmi les enseignants de notre pays qui, dans des conditions bien que peu propices, ont réussi à porter à la maturité l’Université gabonaise.
Parmi les apports à la tête de la Faculté, on notera l’institution du mois de recherche sur le terrain des étudiants de Licence et de Maitrise et la création du Laboratoire National d’Archéologie et d’Anthropologie (LA.N.A.) au sein duquel des recherches majeures seront menées sous sa direction, en partenariat avec de prestigieuses institutions mondiales. Avec son équipe, il conduira de nombreuses campagnes de fouilles archéologiques à travers le pays, dans la Ngounie et la Nyanga, dans la région de Port – Gentil et dans le Haut –Ogooué, et sur le célèbre site de Bissobinam au nord-ouest du Gabon.
Toutes ces recherches ont permis de mettre en évidence des résultats hautement scientifiques sur l’âge du fer au Gabon, attestés à la suite d’une datation par le carbone 14 aux Etats Unis d’Amérique et référencés dans des encyclopédies ou cités notamment par la Cambridge University Press.
Archéologue spécialiste de l’Antiquité et fin pédagogue, Lazare DIGOMBE aura transmis à de nombreuses générations d’étudiants et de chercheurs son incontestable rigueur méthodologique.
Dans la maturité de sa vie, il entre dans le monde politique en intégrant le Parlement et le Gouvernement de la République.
C’est ainsi qu’en 1990 il prend une part active à la conférence nationale, à l’issue de laquelle il se présente à la députation sous la bannière du Parti Démocratique Gabonais (P.D.G.), pour le compte du Canton Dibadi, se faisant élire cette année, en 1996 et 1999.
Au parlement, il occupe les fonctions de Vice-président de l’Assemblée Nationale en 1994, de Vice-président de la Commission Interparlementaire de la CEMAC en 2000.
Au Gouvernement, il est nommé :
– Secrétaire d’Etat au Ministère de l’Habitat et de L’Urbanisme en 1990 ;
– Ministre de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture et des Droits de l’Homme, Chargé de la Francophonie en 1991 ;
– Ministre des Arts, de la Culture, de l’Education populaire et des Droits de l’Homme en 1993 ;
– Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique en1997.
Au Ministère de la Culture, il a été le principal architecte de la Loi portant protection des biens culturels.
Comme ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, c’est sous son magistère que notre pays a pu réunir du 3 au 6 mars 1998 les Etats Généraux de la Recherche Scientifique et de l’Enseignement Supérieur.
Destinées à dégager « Les grands choix de la politique scientifique et universitaire du Gabon, à l’aube du 21ème siècle », ces assises, les toutes premières du genre dans notre pays depuis la fondation de l’Université gabonaise en 1970 et celle du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CE.NA.RE.S.T.) en 1976, ont conduit à l’adoption par le Parlement de deux (2) importantes Lois codifiant respectivement les principes fondamentaux de l’Enseignement Supérieur d’une part et ceux de la Recherche scientifique d’autre part.
Pour nous qui avons eu le privilège de manger à sa table, de le fréquenter au quotidien, nous resterons à jamais marqués par la richesse tout autant que par la simplicité du personnage, avec en toutes circonstances une recherche fine, élégante et opiniâtre de la performance et de l’excellence.
Monsieur Lazare DIGOMBE était d’une très grande pondération.
Il avait un sens très avancé de la mesure.
Polyglotte, il était d’une très grande culture.
Au plan des distinctions honorifiques, Monsieur Lazare DIGOMBE était Commandeur de l’Ordre national de l’Etoile Equatoriale.

Comme on l’a vu, après les questions se rapportant à la religion, au rapport au divin, qu’il a embrassées dès son jeune âge, la science et la culture ont par la suite occupé une place de choix dans sa vie.
Avec sa disparition, nous pouvons, à juste titre, nous émouvoir de la perte d’un monument culturel, pour paraphraser le sage Amadou HAMPATE BAH.
Sa conversation était toujours agréable, son humour intelligent et sa main toujours chaleureuse, paternelle, fraternelle ou amicale, c’était selon.
Monsieur Lazare DIGOMBE était de ces hommes, de plus en plus rares, qui sans jamais rien forcer, parfois avec des mots simples, un regard attendrissant, vous redonnait confiance en vous dans la recherche de votre propre efficacité, vous encourageant à ne point céder aux multiples pièges des émotions.
C’était une personnalité assurément très émancipée par rapport aux choses et aux circonstances de la vie.
Le souvenir que nous garderons de Lazare DIGOMBE est celui d’un Homme intègre, rigoureux, humble, fidèle et loyal à ses amis et à ses convictions.

Je puis aussi témoigner qu’il a su être, au plan familial restreint, un mari attentif et protecteur pour tante Jeanne, sa veuve, elle-même exemplaire de vertus, un père aimant pour tous ses enfants inconsolables depuis ce douloureux 8 juin 2017, un hiérarque bienveillant pour toutes les populations de son fief politique au service desquels il s’est battu.
Je ne terminerai pas cette adresse sans faire ce rapprochement des 8 juin : avec 8ans plus tôt et à la même date, la disparition de feu le président Omar BONGO ONDIMBA avec qui Monsieur le Ministre Lazare DIGOMBE a entretenu de nombreuses relations empreintes de grande considération et de respect mutuel.
Monsieur le Doyen, Monsieur le Ministre Lazare DIGOMBE, reposez en paix.
Chers parents, Chers frères et sœurs, Chers amis et connaissances, élevons la voix vers le seigneur, vers Dieu notre Père pour qu’il accueille notre parent Lazare DIGOMBE dans son royaume et lui accorde le repos éternel dans la béatitude.

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