LA SEMAINE SAINTE: SEMAINE DE MEDITATION.

rameaux

Debut de la Semaine Sainte: le Dimanche des Rameaux et de la Passion.

Le dimanche des rameaux et de la passion,  Jésus avance humblement vers Jérusalem (le petit âne sur lequel il est assis dit cette humilité).
Dans ce déplacement, il n’est pas seul. Certains l’encouragent, le portent par la voix: (psaume 118)
« Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! »
D’autres agissent en étendant sur son passage des manteaux ou des feuillages coupés dans la campagne. Tous disent que Jésus est important pour eux; il répond à leurs attentes, à leurs espérances. Sa passion pour Dieu et pour les hommes les touche profondément…

Jésus est admiré par certains; il en gêne d’autres… Lorsqu’il fait passer l’homme avant le sabbat, l’amour avant la loi (c’est aimer qui fait « Vivre » de la Vie de Dieu), la prière avant le respect des rites, des sacrifices,…, il dérange, il scandalise beaucoup de monde… Certains vont donc chercher à le faire mourir.

Le jour des Rameaux, nous nous souvenons du bel accueil que la foule a réservé à Jésus. Nous venons à l’église avec des rameaux verts… et nous chantons notre joie! Ce jour-là, nous pensons aussi à la Passion de Jésus, à tout ce qu’il a souffert par Amour de Dieu et des hommes.

Le Jeudi Saint, le dernier repas,

Jésus sent que sa mort approche… Il pourrait fuir, se défausser, se cacher… Mais ce serait renier tout ce qui a fait la beauté, la profondeur de sa vie! Et puis, sa confiance, sa communion, son amour pour Dieu et pour l’homme sont si grands qu’il ne peut que continuer à les dire librement, jusqu’au bout, jusqu’à donner sa vie…

Le soir du Jeudi Saint, il va réunir ses amis autour d’un dernier repas .
Au cours de celui-ci, il va exprimer par des paroles et par des gestes, le sens profond de sa vie (ce qui a conduit son existence).

Au cours du repas, le peuple juif faisait mémoire des merveilles que Dieu avait faites pour lui (dans le passé, mais aussi dans le moment présent). Jésus ne l’oublie pas: il remercie Dieu pour ses Largesses, pour Sa Générosité Infinie,… et il va plus loin.(Marc 14,22)

Le soir de son dernier repas, Jésus partage le pain et le vin et les compare à son corps, à sa vie qu’il choisit librement d’abandonner entre les Mains du Père: « Ma vie nul ne la prend mais c’est moi qui la donne. » Jean(10,18)
afin que les hommes sachent de quel amour il aime Dieu et ses frères, afin que les hommes sachent de quel Amour Dieu les aime: Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Jean( 15,13)

Jésus donne tout pour dire la Plénitude d’une vie avec Dieu et pour inciter ses amis à se mettre en marche (pain rompu pour un monde nouveau)…
« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Jean(13,34)

Se mettre en marche vers L’Amour, c’est beau! Mais c’est difficile aussi… Il faut apprendre à marcher au rythme de chacun, et surtout des plus petits! Il faut devenir peu à peu « l’humble serviteur »… Jésus nous montre l’exemple en lavant les pieds de ses amis.

Le Jeudi Saint, le lavement des pieds,

*Le Jeudi Saint, Jésus se met à genoux devant ses amis. Par ce geste, il leur signifie leur importance, leur grandeur, leur dignité aux yeux de Dieu:
« Tu comptes beaucoup à mes yeux. Tu es précieux pour moi… » Isaïe (43,1-4)
Par ce geste, il leur dit aussi qu’ils sont capables de Dieu, capables d’aimer, capables de se dépasser et de grandir vers plus d’Humanité. En eux dort un trésor infini qui ne demande qu’à être épanoui, qu’à grandir, qu’à être partagé afin de pouvoir être multiplié… Le partage mène à l’abondance.

*Le Jeudi Saint, Jésus lave les pieds de ses amis. Par ce geste, il nous dit qu’aimer, c’est accepter de se mettre au niveau des plus pauvres, des plus humbles, des plus petits… Le plus important parmi vous doit être comme le plus jeune… » Luc (22-26)
…il s’agit d’apprendre à marcher au rythme du plus petit, du plus pauvre. Etre avec lui et non au-dessus de lui.

*Le Jeudi Saint, Jésus lave les pieds de ses amis. Par ce geste, il nous dit aussi qu’aimer, c’est accepter de servir sans rien attendre en retour, accepter de devenir don de soi, générosité gratuite.
« Celui qui commande doit être comme celui qui sert. »

On le voit bien, aimer est difficile! Mais sur ce chemin, nous avons toujours une aide: celle de la prière, celle de la présence de Dieu à nos côtés…

Le Jeudi Saint, Jésus va prier au jardin des oliviers: Marc (14,32).

  • 32 Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémani. Jésus dit à ses disciples : « Asseyez-vous ici, pendant que je vais prier. »
  • 33 Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse.
  • 34 Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Restez ici et veillez. »
  • 35 Allant un peu plus loin, il tombait à terre et priait pour que, s’il était possible, cette heure s’éloigne de lui.
  • 36 Il disait : « Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! »
  • 37 Puis il revient et trouve les disciples endormis. Il dit à Pierre : « Simon, tu dors ! Tu n’as pas eu la force de veiller seulement une heure ?
  • 38 Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »
  • 39 De nouveau, il s’éloigna et pria, en répétant les mêmes paroles.
  • 40 Et de nouveau, il vint près des disciples qu’il trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis de sommeil. Et eux ne savaient que lui répondre.
  • 41 Une troisième fois, il revient et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer. C’est fait ; l’heure est venue : voici que le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.
  • 42 Levez-vous ! Allons ! Voici qu’il est proche, celui qui me livre. »
  • 43 Jésus parlait encore quand Judas, l’un des Douze, arriva et avec lui une foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres, les scribes et les anciens.
  • 44 Or, celui qui le livrait leur avait donné un signe convenu : « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le, et emmenez-le sous bonne garde. »
  • 45 À peine arrivé, Judas, s’approchant de Jésus, lui dit : « Rabbi ! » Et il l’embrassa.
  • 46 Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.
  • 47 Or un de ceux qui étaient là tira son épée, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille.
  • 48 Alors Jésus leur déclara : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus vous saisir de moi, avec des épées et des bâtons ?
  • 49 Chaque jour, j’étais auprès de vous dans le Temple en train d’enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est pour que les Écritures s’accomplissent. »

En lisant cet évangile, nous pouvons percevoir deux réactions devant la difficulté, deux mouvements du cœur:

***L’envie de s’éloigner du chemin difficile qui se dévoile:
« Mon cœur est plein d’une tristesse mortelle… »: Jésus sent la souffrance qui approche… On le sent triste, angoissé; il a peur… Bien sûr, il pourrait fuir; il en a encore le temps… Mais fuir ce qui a fait la richesse, la fécondité, le bonheur de sa vie ne serait plus Vivre vraiment! Renier L’Amour si pur, le Trésor fabuleux, la Générosité infinie de Dieu, serait vivre d’une vie morte, stérile, inutile… Et Jésus le sait bien… N’est-ce pas lui qui a dit: « Si tu veux la Vie, donne tout ce que tu as… »

Jésus a déjà beaucoup donné à Dieu et aux hommes. Mais aujourd’hui, ce qui lui reste à donner, c’est lui-même, son existence, sa vie… Mais pour cela, il lui faut mourir, quitter la terre et ses merveilles, quitter tout ce qu’il a essayé de construire, de mettre en route, quitter toutes les personnes qu’il a aimées… et tout cela le fait souffrir dans le tréfonds… Alors, il se tourne vers Le Père: « Père, tout t’est possible; éloigne de moi cette coupe de douleur. »

Oui, L’Eternel peut toujours agir! Sa Vie Pleine et Généreuse, La Source de l’Abondance ne peut tarir… Il peut parler aux cœurs ouverts, aux cœurs prêts à l’accueillir; il peut parler aux grands prêtres, il peut parler à Pilate; il peut leur souffler une autre solution, les aider à réagir, à changer, à se lever, les aider à se mettre en marche vers une autre vie… Mais les cœurs sont endurcis, et les plus aimants -ceux des disciples- sont endormis, comme anesthésiés, trop faibles, trop craintifs pour se lever…

Existe-t-il encore un cœur qui veille?

***L’abandon:
Jésus sait bien que les cœurs endurcis ne peuvent accueillir la Lumière de Dieu… et qu’ils resteront donc dans l’obscurité.
Jésus voit bien aussi les cœurs endormis de ses amis, ces cœurs qui ne peuvent entrer en prière.
S’il ne fuit pas maintenant, la route devant lui semble devoir rester bien noire…
Malgré tout, Jésus choisit de poursuivre la route avec Dieu: il s’abandonne pleinement, en toute liberté et en toute confiance entre les Mains du Père.« Père, non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux! »
Il n’y a plus de veilleurs pour accompagner Jésus; il n’y a plus de veilleurs pour accueillir Le Souffle Divin. Mais avec le temps, Dieu saura les réveiller…

Jésus se fait arrêter au jardin des oliviers. On le conduit alors chez le grand prêtre qui l’interroge…

Le Vendredi Saint, Jésus meurt sur la croix.

Le Vendredi Saint, Jésus est conduit devant Pilate ( le représentant de l’empereur de Rome) et est condamné à mourir sur la croix. Un passant,Simon de Cyrène, l’aide à porter sa croix jusqu’au Mont Golgotha. Là, il est crucifié.

Le Vendredi Saint, Jésus souffre dans son corps mais aussi dans son esprit… Autour de lui, il ne reste que quelques femmes… Où sont donc tous ses disciples? Où est la foule qui l’acclamait quelque temps plus tôt? Où est Ce Père aimé et aimant, Cet Amour qui l’a si souvent porté? « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? »

Dieu se tait… Il semble absent…
Mais n’est-ce pas plutôt une certaine image de Dieu qui est absente? L’image de l’ouragan qui écarte les obstacles du chemin… L’image de la tempête qui détruit ceux qui s’opposent à elle… L’image de la puissance qui force le cœur des hommes pour les obliger à changer, à se lever…

Aujourd’hui, Dieu se révèle discret… Il est humble Présence qui accompagne, qui porte, qui aide à aller jusqu’au bout du chemin, jusqu’à l’absence, la transparence totale, celle qui permettra à La Lumière de naître abondamment… L’Amour se fait silencieux, tout comme le premier souffle annonciateur de printemps.

Le Vendredi Saint, Jésus meurt sur la croix… Son corps est ensuite déposé dans un tombeau.

Le Samedi Saint, Jour de silence et de méditation.

Voir plus bas les textes à méditer dont le texte du petit grain de blé.
Dans la nuit du samedi saint, les chrétiens se rassemblent à l’église pour proclamer et chanter leur foi en Jésus ressuscité!

 Le Dimanche de Pâques, Jour de la Résurrection.

Le Dimanche de Pâques est un jour de joie! Bonne nouvelle, Jésus est ressuscité, il est vivant pour toujours!

>Le tombeau est vide de la vie de Jésus… Les femmes qui s’y rendent se l’entendent dire:
« Il n’est pas ici; il est revenu de la mort à la vie. » Marc (16,6)
« Pourquoi cherchez-vous celui qui est vivant parmi les morts? » Luc (24,5)

Les femmes sont effrayées, toutes tremblantes de crainte ( dans le Premier Testament, la crainte dit la pauvreté humaine face à La Transcendance divine), elles gardent le visage baissé vers la terre (Luc 24). Elles vivent dans leur intimité, dans leur profondeur, une expérience qui les dépasse, les bouleverse… Comme si, au tombeau, elles avaient été touchées de la Vie même de Dieu; comme si leur intériorité avait été transfigurée… Une lumière s’est installée en elles; une certitude les a empoignées: Dieu est intervenu! Par sa puissance d’Amour, une vie nouvelle a surgi en elles et autour d’elles: « Dieu a ressuscité Jésus d’entre les morts. »

Les femmes sortent ( quittent l’intimité divine, le Trésor découvert); elles s’enfuient loin du tombeau ( du domaine de la mort, du désespoir, du passé) et gardent la Lumière en leur cœur… Elles ont peur de La libérer; elles ont peur de parler… Qui pourrait les croire?

—>Personne n’a été le témoin direct de la résurrection mais quelque chose est arrivé à quelques femmes et quelques hommes… Quelque chose qui a transformé leur vie, qui les a jetés sur les routes du monde : ils ont ressenti la manifestation d’une présence qu’ils ne reconnaissent pas tout de suite comme étant celle de Jésus (Emmaüs (Luc 24), Marie de Magdala (Jean 20)). Cette manifestation de présence peut prendre l’allure d’une vision, d’une parole murmurée, d’un souvenir qui effleure, d’une expérience intime, d’un geste qui frôle le cœur, d’un étonnement qui questionne, d’un feu qui brûle le cœur,….. Parfois, elle prend l’allure d’une toute petite chose mais qui toujours comble, désarçonne, émerveille! Une chose qui touche, qui parle fortement à l’âme, qui la saisit, la plonge dans l’Infini, la projette vers le Ciel, la pousse vers les hommes…
« L’ange » qui parle aux femmes les pousse à se lever, à ne pas s’enfermer dans la désespérance, à ne pas rester tournées vers le passé, vers la mort d’un tombeau mais à marcher vers La vie, à dire la « foudre » qui les a brûlées, à insuffler aux hommes le divin qu’elles ont perçu. « Allez vite dire! » Mt (28,7)

—> En quelques mots :

Le ressuscité reste présent autrement à ceux qui lui ouvre la porte de leur cœur ; chacun peut nouer une relation avec lui.
L’ouverture du cœur élargit la vie, l’agrandit à une autre dimension, l’épanouit sur une Autre Lumière.
L’ouverture du cœur transfigure et pousse vers une vie nouvelle… Les femmes qui quittent le tombeau ne portent-elles pas une lueur d’incarnation qu’elles vont risquer, malgré leur peur, de dire aux hommes?

Le passage par la mort a fait fleurir la vie sur terre.
« La mort est grande par la vie qu’elle fait surgir », Dürckheim.

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