Homélie du 12ème dimanche du temps ordinaire, Année C

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Abbé Stany M

L’évangile de ce dimanche est un texte su et reçu. Nous avons sans doute écouté et médité plusieurs ce récit retraçant un échange fort entre Jésus et ses disciples sur la question de son identité. A l’interrogation du maître : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous qui suis-je ? » Pierre donne une réponse véritablement inspirée de l’Esprit : « Tu es le Christ, le Messie de Dieu ». Aussi belle soit-elle, cette formulation demeure ambigüe quant au sens qu’on pourrait éventuellement lui donner. Que signifie ce titre de « Christ et Messie de Dieu » que le chef des apôtres attribue à Jésus ? Chacun des textes de la liturgie de ce dimanche semble, à sa manière, vouloir expliquer les propos de Pierre, en révélant un aspect important de l’identité de ce Jésus, Christ et Messie de Dieu.

La première lecture, tirée du livre de Zacharie, annonce de manière prophétique la figure énigmatique de ce Messie « fils unique », « transpercé » qui lavera Jérusalem de ses péchés.

Le psaume nous chante sa divinité : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube », nous apprenant ainsi à n’établir aucune distance entre le Dieu que nous prions et contemplons au sanctuaire et la personne humaine du Messie.

Dans l’extrait de la lettre aux Galates, qui est la deuxième lecture de ce dimanche, l’apôtre Paul nous dit qu’il est celui à qui nous sommes unis par le baptême, au point de devenir un seul peuple : « Il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus ».

Chacune de ces affirmations est vrai pour nous, dans la foi de l’Eglise. Elles sont appelée à devenir, chaque jour, un peu plus, une réponse personnelle que je donne au Seigneur et de la quelle je n’hésite pas à témoigner devant les hommes. Exerçons-nous, comme chrétiens et fils de l’Eglise, à opérer ce passage de ce que dit la foule – la foi proclamée dans l’assemblée de l’Eglise – vers une foi de plus en plus personnelle, qui assume pleinement ce qu’enseigne l’Eglise.

Le Christ auquel je crois ne sera jamais que ce Messie qui, concrètement, vient épouser ma vie personnelle pour devenir pour moi le crucifié, le Dieu vivant et réconciliateur des hommes. S’il l’est réellement, je pourrais trouver la force décisionnelle de renoncer à moi-même, de prendre ma croix chaque jour pour marcher à sa suite. Ce risque de la foi personnelle demeure la condition sans laquelle je ne peux véritablement faire de ma vie une histoire de salut.

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