Omar Bongo Ondimba : 7ème anniversaire de décès.

mgr Basile au stade.jpgPour Mgr Basile MVE ENGONE accompagné de Mgr Jean Jacques Kombila Mboumba, Vicaire Général de Libreville et de l’Abbé Saint Laurent Manvoula, recteur du séminaire Saint Jean  :
« La paix est ainsi un don merveilleux de Dieu, mais elle doit être aussi une construction humaine, une construction de tous les peuples, une construction de chaque peuple, une construction de notre peuple, une construction du peuple gabonais et de chaque gabonaise, et de chaque gabonais. »

Le stade de Nzeng -Ayong a servi de cadre, le mercredi 8 Juin 2016 à la célébration commémorative de la mémoire du regretté président Omar Bongo Ondimba. Une cérémonie religieuse publique qui a rassemblé des croyants de tout bord au nombre desquels   Mgr Basile Mve Engone , Sdb , Archevêque de Libreville,  Ismaël Oceni Ossa, Imam de la Mosqué Assan II de Libreville,  le Révérend pasteur  Jacques Ndong Ekouaghe, Président de l’Eglise Evangélique du gabon, le Révérend pasteur Michel Francis Mbadinga, responsable des églises du Réveil, le Révérend pasteur Jude Benjamin Ngouwa, des Assemblées Pentecôtistes et le Révérend pasteur Victor Ndoukou, président de l’Alliance chrétienne du Gabon.  Cet hommage à feu Omar Bongo Ondimba a vu la présence du Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba, du premier ministre chef du gouvernement et bien d’autres personnalités.

Nous publions ici le discours de l’Archevêque de Libreville Mgr Basile Mvé Engone :

« Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s’effraie » (JN 14, 27)
Le langage chrétien parle de testament pour désigner les deux principales parties de la sainte Bible, le Livre par excellence, le Texte sacré des Juifs et des Chrétiens; divisé alors en Ancien et Nouveau Testament. Le mot testament a le sens d’Alliance dans ce contexte général. Cependant, dans quelques passages bibliques, Testament a le sens courant d’expression des dernières pensées et des dernières volontés des personnages marquants avant leur mort ou en prévision de leur départ définitif ( GN 47,27-31 ; DT 33 ; 1R2, 15-15 ; JN 13,16 ; AC 20,17-38). Le passage que nous venons d’entendre en Jn 14,27 fait partie des discours d’adieu du Christ avant sa Passion, et c’est ce qui lui confère une importance particulière sur les lèvres du Maitres et aux oreilles de ses disciples.
Jésus s’inspire de la formule de politesse ordinaire de son peuple pour enseigner une vérité profonde sur la paix. En effet, pour se saluer et pour prendre congé les uns des autres, les Juifs disaient : « Paix à toi, Paix à vous » ce qui correspond à nos formules de politesse « bonjour, bonsoir, aurevoir, adieu, à la prochaine… » Dans la mentalité sémitique, la paix comprend tous les biens matériels moraux, sociaux, spirituels qui rendent l’être humain heureux et que les fils d’Israël attendaient du Messie.
Pourquoi Jésus dit-il « qu’il ne donne pas la paix-sa paix-comme le monde la donne », on pourrait dire à la manière du reste des hommes ? Nous pouvons penser à nos propres formules de politesse si vides et si superficielles. Il arrive qu’on demande souvent comment va une personne sans même écouter la réponse. Ou bien si l’on écoute quand même, on ne se dérange pas pour résoudre même un tout petit problème qu’elle nous pose. Nous éprouvons aussi un sentiment d’impuissances devant certaines détresses. En ce qui concerne Jésus, le Messie qui doit apporter à son peuple le salut et la paix, les vœux qu’il exprime engage toute sa personne et son activité. En lui, rien de cette superficialité qui nous éloigne des besoins réels des autres ni rien non plus de cette impuissance qui réduit à néant nos meilleurs intensions.
Qu’est-ce à dire, sinon que la paix est avant tout un don de Dieu dans sa providence. Le créateur conduit sa création avec sagesse et amour même à travers les catastrophes naturelles ; il veut que l’histoire des hommes se déroule dans la concorde et la solidarité ; il veut que les familles vivent dans l’unité et l’harmonie, pour bien remplir leurs tâches domestiques, éducatives, civiles et politiques. Il veut que les citoyens d’un pays se comportent comme des frères et des sœurs, tournés vers le même but, l’intérêt général. Il veut que les pays vivent en coopération les uns avec les autres pour l’épanouissement de tous sur la terre. Vraiment, la paix est le résumé de tous les bienfaits de Dieu, jusqu’au-delà de la mort, en cet état ou les justes de toutes les religions espèrent le bonheur sans fin avec la paix éternelle.
Mais un don de Dieu sollicite toujours la réponse responsable de l’homme, à commencer par le don de la vie elle-même qu’il faut accueillir, protéger et développer. Ensuite la pluie, le soleil, les rivières, les richesses minières ; la forêt, sont autant de bienfaits de Dieu à ses enfants à travers la nature. Mais pour que l’être humain et la société tout entière en bénéficient, il faut se mettre intelligemment au travail. Il en va ainsi pour tous les domaines car, dit le grand Evêque et Docteur africain, saint Augustin, au 4ème siècle de notre ère : « Dieu qui nous a créés sans nous, ne nous sauvera pas sans nous ! » la paix est ainsi un don merveilleux de Dieu, mais elle doit être aussi une construction humaine, une construction de tous les peuples, une construction de chaque peuple, une construction de notre peuple, une construction du peuple gabonais et de chaque gabonaise et de chaque gabonais.
La construction de la paix, de la véritable paix, conforme aux merveilleux dons de Dieu ne va pas de soi. Elle nous exige des efforts constants et des sacrifices lucides et permanents, au plan mental et de l’action. Peut-on construire la paix avec Dieu et selon Dieu en acceptant que « qui veut la paix prépare la guerre ? » Dieu peut-il agréer une prière pour la paix avec de telles idées ? N’est-ce pas se moquer de la prière ? La paix impose que chacun de nous renonce à quelque chose pour un si grand bien. Attendons-nous le renoncement seulement de la part des autres ? À quoi sommes-nous personnellement prêts à renoncer pour sauver la paix ? Peut-on parler de paix quand on utilise un discours de menace ou pire encore quand des mots d’amitié cachent des sentiments et des gestes de division et de violences ? Dieu n’aime pas la ruse et l’hypocrisie, il connait nos pensées les plus sécrètes.
La paix peut-elle exister quand fait défaut la solidarité nationale ? « Rien ne divise les citoyens autant que les injustices sociales, l’accaparement des richesses par un groupe au détriment de la majorité du peuple », écrit le Pape François.
La paix peut-elle être solide quand sévit le chômage, quand les familles peinent à se loger, à se soigner, à se nourrir, à pouvoir à l’éducation de leur enfant ? Le développement intégral et durable « n’est-il pas le nouveau nom de la paix » écrivait le Bienheureux Pape Paul VI de la paix qui apporte joie profonde et visible dans l’existence et la société ? La paix peut-elle cohabiter avec un climat d’insécurité, de peur, de manque de dialogue avec les autres, d’oppression ?
Chers compatriotes, nous n’allons pas continuer à faire cet examen de conscience qui s’impose à chacun en incluant des éléments très personnels. Nous allons plutôt conclure notre propos par quelques remarques sur le sens que nous accordons à ce que nous sommes en train de vivre. Quel est la nature de la prière pour la paix ?
D’aucuns estiment que la prière pour la paix est impossible quand les conditions de paix ne sont pas réunies. Ceux qui pensent cela ne confondent-ils pas la prière de demande avec la prière d’action de grâce ou de louange ? Nous pouvons certes remercier le Seigneur pour les jours tranquilles qu’il nous a déjà longtemps accordés. Mais nous sommes là avec inquiétude pour l’avenir, et nous implorons qu’il nous épargne le spectre de la violence et de la guerre civile. On ne prie pas pour demander un bienfait bien consistant, mais pour solliciter quelque chose d’inexistant, de fragile et nous devons nous y mettre tous pour cette prière.
On peut aussi organiser une prière comme moyen de distraction pour noyer les vrais problèmes, distraire pratiquement le peuple. Une telle prière n’est pas sincère, car elle croit tromper les hommes, mais elle se moque de Dieu. Or, on ne se moque pas de Dieu sans s’exposer à de gros ennuis.
Enfin, certains accordent à la prière une puissance magique contrairement au rappel de nos responsabilités avec examen de conscience comme on l’a vu ci-dessus. La véritable prière nous attire la bienveillance et la force de l’intervention Divine. Mais elle nous fait aussi entendre les prescriptions divines : « Ma paix est à votre disposition, pour votre grande joie. La balle est cependant dans votre camp. Comment pouvez-vous éviter les guerres larvées ou aigües, les querelles incessantes, quand vous cultivez les plantes vénéneuses de l’orgueil, de l’ambition démesurée, du mensonge, de l’égoïsme, du parti pris, du machiavélisme, de l’hypocrisie, et j’en passe… la paix est fort laborieuse dans ces conditions lamentables. Changer mentalité et de comportements, et vous avez la paix en plénitude ! »
Voici la bénédiction que Dieu a prescrite à Moïse pour obtenir la divine paix :
« Que Yahvé vous bénisse et vous garde !
Que Yahvé fasse pour vous rayonner son visage et vous face grâce !
Que Yahvé vous découvre sa face et vous apporte la paix ! » (NB 6,22-27)
Amen !
POLITIQUE

 

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