Gabon: Philippe Mory , Le Père du cinema gabonais se donne la mort.

 

Telle la fin d’un court métrage dramatique, Philippe Mory , père du cinéma gabonais s’est tiré des chevrotines dans la bouche lPhilippe Morye mardi 7 juin 2016 autour de 19 haures à Libreville. Selon les premiers témoignages, ses voisins ont entendu, du studio qu’il occupait ces derniers temps à Nzeng-Ayong dans le 6e arrondissement de la commune de Libreville, une détonation d’arme à feu puis le bruit sourd d’une masse tombée. Quelle fin de film, si l’on estime que la vie est un film dont nous sommes les acteurs, n’est ce pas que le voeu nôtre est que notre film se termine avec une fin heureuse? Tu me fais comprendre ce soir que l’artiste est un être temporel et mortel tandis que l’art se veut éternel et immortel comme l’affirmait Charles Baudelaire:  » Bien qu’on est du Coeur à l’ouvrage, l’Art est long et le temps est court ». Mais qui est celui dont on parle? Qui Philippe Mory?
Il est né en 1935. Il démarre sa carrière cinématographique en France. Comédien de théâtre et de cinéma, l’homme participe d’abord en tant que comédien au tout premier court métrage qui marque le début de la cinématographie officielle d’Afrique noire : Afrique sur Seine, de Paulin Soumanou Vieyra. (1954). Il est de nouveau acteur dans L’enfant au fennec de Jacques Dupont (1958).
Repéré par le cinéaste Michel Drach, Philippe Mory devient le premier comédien d’origine africaine, à tenir un rôle principal dans un film français, On n’enterre pas le dimanche (prix Louis Delluc 1959).
En 1962, il écrit le scénario de La cage réalisé par Robert Darène, avec Marina Vlady et Jean Servais dans lequel il joue. C’est le premier long métrage tourné au Gabon voire même en Afrique noire indépendante. Il joue ensuite adns Les filles sèment le vent de Louis Soulannes (1960).
En 1964 il participe à un coup d’Etat qui visait à renverser Léon Mba, le premier président gabonais. Il est vingt-quatre heures ministre de la Culture. Le temps pour la France de faire intervenir ses « marines », le 6ème BIMA. Ses trois années de prison n’ont nullement entamé son engagement et il n’a pas cessé d’apporter son énergie au développement du cinéma au Gabon et en Afrique.
En 1971, il réalise son premier et unique film Les tam-tams se sont tus. Il crée en 1975 avec d’autres pairs cinéastes africains la Fédération Panafricaine des Cinéastes (FEPACI), et la même année le Centre National du Cinéma gabonais (CENACI).
Philippe Mory reprend sa carrière d’acteur avec Le grand blanc de Lambaréné de Bassek Ba Kobhio (1994), Orèga de Marcel Sandja (1997), Gozamb’olowi (Au bout du fleuve) de Imunga Ivanga (1999), Dolè de Imunga Ivanga (2000), Les couilles de l’éléphant de H-J Koumba Bididi (2000) et L’ombre de Liberty de Imunga Ivanga (2006). Le père de cinema gabonais rend l’âme ce 07 Juin 2016 après s’être tiré une balle.

Philippe merci pour ton œuvre , tu as toujours été un artiste engagé. Que diront les critiques sur ton ultime réalisation loin des caméras? Tu es demeuré un vrai acteur, réalisateur…si ta première réalisation s’est intitulée : on enterre pas le dimanche quel titre donnerons -nous à ton ultime réalisation: le cri de l’artiste dans notre pays? Philippe , tu as sans doute voulu essayer comme l’enfant mort pendu en jouant le pendu. Que le Seigneur te fasse miséricorde.

ASPM

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