Homélie du dimanche de la très Sainte Trinité

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Abbé Stany

Chers frères et sœurs,

Après la Pentecôte la liturgie prévoit cette « chute brusque » dans le temps ordinaire. Le long temps de Pâques nous a installé au cœur du mystère. Il nous reste le temps du quotidien, avec son poids de routine. Grande est la responsabilité qui nous incombe de transformer l’ordinaire par notre capacité à l’évangéliser, c’est-à-dire à le remplir de la présence de Dieu. Ce dimanche et le dimanche qui suivra, nous célébrons en Eglise deux fêtes fondamentales, qui sont le fruit de la réflexion théologique, et non de la « révélation biblique », que nous avons la fâcheuse tendance à trouver plus direct. Vous aurez, naturellement, du mal à retrouver des expressions tels que « Sainte Trinité » ou « Saint-Sacrement » dans le texte biblique.

Soyons clairs : le chrétien devrait sortir de la tentation de tout trouver écrit dans la Bible et plutôt faire confiance à la longue tradition de l’Eglise qui nous donne le sens profond des Ecritures et nous aide à lire entre les lignes du texte pour comprendre ce que le Seigneur veut vraiment nous dire. La Sainte Trinité est un mystère, certes. Mystère ne signifie pas réalité incompréhensible, mais plutôt que l’intelligence humaine ne peut s’arrêter de creuser. Plus elle creuse, plus la soif grandit dans le cœur de l’homme…

Autant nous reconnaissons que nous sommes quelques milliards à partager la nature humaine sur terre, autant l’Eglise confesse qu’il n’existe que trois personnes dans la nature divine. Le danger est toujours de croire que cette vision est une émanation de notre pensée. Ce n’est pas le cas, car elle nous vient de la révélation divine. Jésus n’a cessé de nous parler de « son Père » et de cet « Esprit Consolateur » qu’il nous enverrait. Et il en parlait avec un tel ton de complicité, que ses disciples ont vite compris leur communion profonde, leur unité intime dans l’œuvre accomplie. S’ils n’étaient pas de la même nature, on ne saurait qualifier autrement le lien qui réunit le Père et le Fils et le Saint-Esprit qui, pour nous ont le visage du même Dieu.

La nature, dans son essence, tend à cette unité parce qu’elle est image de Dieu, et non le contraire : l’instinct grégaire, maternel, familial, la tendance à vivre en société ou en groupe solidement fondé et organisé par des règles et des lois se vérifie dans l’ordre naturel. C’est l’œuvre magnifique de notre Dieu et nous sommes à l’image de ce Dieu-famille qui se refuse à être un solitaire égocentrique.

Comme le disait Jésus à ses disciples : « Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : l’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître ».

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