Homélie du Dimanche de Pâques, année C/ Abbé Stany Mapamgou

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« C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. » Cette brève phrase utilisée par le narrateur de l’évangile selon saint Jean pour décrire la réaction de « l’autre disciple, celui que Jésus aimait », quand il entre dans le tombeau, est riche de signification. Etant pourtant la phrase la plus succincte de ce passage de l’évangile, elle demeure la plus chargée. On peut au moins en tirer deux enseignements essentiels.

Le premier est que la résurrection s’expérimente de manière concrète : « il vit ». Qui n’a pas vu ne peut arriver à ce second niveau qui lui est consécutif qu’est la foi : « et il crut ». Dans le « voir » se résume le fait de l’expérience pascale. C’est exactement ce que saint Paul exprime en ses termes dans la seconde lecture : « vous êtes ressuscités avec le Christ » ou encore « vous êtes passées par la mort ». Ces deux expressions traduisent le lien fort existant entre le baptême qui, depuis les premiers temps de l’église, est assimilée à l’expérience pascale faite par le disciple en entrant dans la foi.

La seconde, comme nous l’avons déjà dit, c’est la foi. Le « croire » est l’expérience qui découle de l’expérience pascale concrètement vécue par le baptisé. Seul qui a fait l’expérience de Jésus-Christ, seul qui a « mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts », arrive à la foi. Cette expérience n’est pas donnée à « tout le peuple, mais à des témoins » choisis par Dieu. Sans l’élection divine, personne ne parvient à la foi ; à ce regard capable de voir au-delà du sépulcre vide le signe de la résurrection.

De Marie Madeleine à Simon-Pierre, le regard s’arrête encore sur les faits. L’une constate que la pierre qui recouvrait le tombeau a été enlevée, et l’autre remarque le soin avec le quel sont rangés les linges qui avaient recouvert le corps du Seigneur. Ces signes sont pourtant les mêmes dont « l’autre disciple » fera l’expérience comme eux. Mais pour lui elles sont la porte d’entrée dans le mystère de la foi.

Nous avons tous reçu le baptême et les autres sacrements. Sont-ils devenus pour nous des lieux où nous avons part particulièrement avec le Christ ? Notre foi nous emmène-t-elle encore à reconnaître les signes des temps que le Seigneur pose sur notre route pour nous orienter vers sa Pâques éternelle ?

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