Homélie du dimanche des rameaux et de la passion de NSJC/ Abbé Henri Noel Ndoume Abiaghe

 

TEXTES DE CE DIMANCHE
 
henri

Abbé Henri Noel Ndoume Abiaghe

Chers amis, frères et sœurs,

Les textes de ce dimanche nous introduisent dans la semaine sainte, en nous replongeant comme chaque année, à travers toute cette liturgie que nous célébrons, dans le mystère profond du triomphe du Christ, à travers sa passion, sa mort et sa résurrection. En effet, comme nous le rappelle l’évangile de la procession des rameaux, Jésus est entré glorieux dans la ville où il devait trouver la mort : Jérusalem. D’où cela vient-il ? Cela vient du fait que ceux qui l’accueillaient ainsi, à l’entrée de la ville, reconnaissaient en lui un libérateur, un sauveur. Parce que ce qu’il avait fait jusque-là pour eux manifestait la sollicitude de Dieu pour les hommes surtout pour les plus faibles les plus faibles. Mais pourquoi ne faisait-il pas l’unanimité, notamment auprès de ceux qui lui demandent de dire aux foules de se taire ? Parce que simplement cette option qu’il avait faite en faveur des hommes et en particulier des plus faibles, ne correspondait pas aux aspirations des autres qui avaient opté en faveur de leur Dieu, et en particulier de sa puissance. C’est là déjà un point fondamental qu’il semble important de souligner. Jésus a manifesté humblement la sollicitude de Dieu pour les hommes, en optant pour l’humanité dans sa faiblesse, tandis que les pharisiens certainement pas moins sincères servaient Dieu en optant avec suffisance pour sa force et sa puissance. Tandis qu’on ne saurait rien dire ni de la sincérité, ni de l’hypocrisie des uns et des autres, il nous apparaît avec évidence aujourd’hui que Dieu dans sa miséricorde infinie ne peut se manifester que dans son humble sollicitude pour les plus faibles et pour les plus pauvres. Ainsi Jésus est-il entré à Jérusalem sur un âne et non sur un cheval ou un chameau, et il a triomphalement été accueilli par une foule de pauvres gens assoiffés de libération et de salut. C’est ainsi que se manifeste la gloire de ce Dieu révélé en Jésus Christ : dans la petitesse. Et si les hommes cessaient tous d’être assez petits pour ainsi le reconnaître, ce sont les pierres qui l’accueilleront et chanteront ses louanges.

Mais la manifestation de Dieu ne se limite pas là. Elle se produit dans un abaissement encore plus déroutant. Il ne suffit pas à Dieu de se faire homme pour nous dire qui il est. Il ne lui suffit pas non plus de se montrer faible et pauvre et d’être proche de cette catégorie de personnes pour que nous apprenions à le connaître. Il se fera faible et pauvre à l’extrême. Il sera recherché, arrêté et maltraité innocemment comme tant de faibles et de pauvres le sont, il sera mis a mort comme le sont de vulgaires bandits. Oui, c’est cela le drame de l’incarnation. Dieu se fait chair, et porte dans sa divinité ce que la chair a de plus faible : la souffrance et la mort. Mais avant, il institue le sacrement de l’eucharistie au cours de son dernier repas avec ses disciples, afin que la postérité retienne de lui que tout cela a été essentiellement une oblation, un sacrifice d’amour.

Il y aurait donc tant à dire sur ces textes que l’Eglise ne nous rappelle pas en vain chaque année, mais retenons essentiellement ces quelques points pour éclairer notre actualité.

  • Ce n’est pas dans des grandes voitures et à grandes pompes qu’on annonce aux pauvres le changement, aux captifs la liberté, aux malades la guérison. Mais dans le dépouillement, l’humilité et la charité. Et cela n’est pas un costume qu’il faut revêtir pour la circonstance, mais un état de vie.
  • Celui qui vient de Dieu dans la tendresse et l’amour, Dieu le glorifie dans la joie de son peuple.
  • Celui qui prétend vouloir libérer son peuple doit pouvoir donner sa vie en oblation, en sacrifice d’amour pour ce peuple. Et non sacrifier celle des autres, des faibles et des pauvres, pour assouvir sa volonté de puissance.

En entrant dans cette semaine sainte, demandons à Dieu de nous donner la force d’aimer jusqu’à ce point pour le manifester véritablement tel qu’il est au monde, à la suite du Christ, afin que tous les hommes soient sauvés et que lui soit glorifié, Père et Fils et saint Esprit.

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