Homélie du 5ème dimanche du temps de carême, Année C /Abbé Stany Mapamgou

Lectures de la messe

« Dans la loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Le commentaire fait par le narrateur, immédiatement après la question des adversaires de Jésus, nous aide à comprendre l’enjeu-même de la question posée : « ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser ». Aucun juif sérieux ne peut, en effet,

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Abbé Stany Mapamgou Mboumba 

mettre l’enseignement d’un maître (rabbi), comme Jésus, au même niveau d’autorité que Moïse. On veut clairement prendre Jésus au piège de la prétention !

Tout juif pieu, établi une stricte hiérarchie entre les livres des saintes écritures. Au premier plan se placent les textes de la Loi (notre Pentateuque actuel). Ils sont sensés être l’œuvre de Moïse. Ils contiennent l’essentiel des commandements ainsi que l’histoire des clauses de l’alliance du peuple avec Dieu. Ensuite suivent les prophètes, qui ne sont en fait que les commentateurs et les défenseurs de la Loi. Dans l’ordre de l’importance, viennent en dernière position ce qu’on appelle les « écrits ». Ils sont une espèce de réflexion des sages d’Israël sur la Loi et les prophètes. L’enseignement de Jésus, en réalité, aussi pertinent puisse-t-il être, ne pourrait même pas prétendre être au niveau de cette dernière catégorie des écrits sacrés. Lui demander de se prononcer sur ce cas d’adultère, en réaffirmant d’emblée la loi de Moïse, est une provocation grave. On le pousse à la limite au blasphème.

La réponse de Jésus est si pertinence qu’elle recentre tout le monde – nous y compris – sur l’essentiel de l’esprit de la loi. La loi n’est pas un instrument d’accusation. Sa fonction la plus intime, au contraire, est celle de dénoncer le péché. Parler de péché c’est passer du champ d’une simple conformité à la règle pour entrer dans le registre de l’infidélité comme réponse négative à l’amour. L’amour authentique ne se manifeste que par, et dans, la fidélité! L’infidélité c’est tourner le dos à l’autre, et à Dieu par le fait-même.

Il n’y a pas contradiction entre Moïse et Jésus. Le projet de Dieu demeure toujours le même : faire entrer ses enfants dans l’alliance. La loi condamnait, sans doute, à la lapidation pour éduquer la société : en montrant la gravité de la trahison on l’aidait à s’élever au niveau des exigences de l’amour. Jésus choisi la voie de la miséricorde, qui n’est pas une permissivité, mais une possibilité de seconde chance. Avec l’assurance de la grâce, nous sommes appelés à grandir qualitativement dans l’amour de Dieu et du prochain, en déployant toute la force que cela exige de nous. La miséricorde vient parfaire une loi qui était encore fermée à la possibilité de repartir à zéro.

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