Homélie du 4ème dimanche de carême, année C/ Abbé Gildas Kombila Mba

 

                                                                                                  Dimanche 6 Mars 2016

gildas

Abbé Gildas Kombila Mba

Frères et sœurs dans le Christ,

Nous célébrons le quatrième dimanche de carême année C, traditionnellement appelé le dimanche de la joie. Les textes la liturgie de la parole nous invite à méditer l’une des plus belles pages des Saintes Écritures : « La Parabole du Père Miséricordieux », encore appelée : « Le Fils Prodigue ». Beaucoup d’entre nous la connaissent et ont certainement écouté plusieurs prédications de prêtres sur elle. Même quelques non chrétiens la connaissent et l’apprécient pour son grand message d’amour. Un père se réjouit du retour de son fils perdu qui avait dilapidé son bien avec des filles, et organise une fête en son honneur. Le cadre festif de ce texte fait également partie du contexte de la première que nous voulons exposer ici avant de nous lancer dans la méditation de l’Evangile. La première lecture (Gn 5,9.10-12) nous replonge dans le souvenir de l’entrée du peuple d’Israël en terre promise, peuple qui errait dans la précarité du désert et avait vu l’accomplissement des promesses de son Dieu. Il passe d’une alimentation monotone (la manne) à une alimentation plus riche en produits sur une nouvelle terre. Il s’agit d’un passage de la mort représenté par le désert ici, car rien n’est sensé y pousser, et la vie représenté par la terre qui produit du fruit. Le peuple d’Israël a voulu marquer le début de cette nouvelle vie en célébrant une grande fête dénommée première pâque au cours de laquelle il remercie le Seigneur de l’avoir libéré de l’esclavage en Egypte. Comme le peuple d’Israël, chacun de nous voudrait tant voir ses espérances se réaliser un jour pour que notre demain soit meilleur, mais pour y arriver il faudrait garder sa foi dans le Seigneur sans se décourager devant les échecs, car tout n’a pas souvent été gai pour Israël qui brillait parfois par son infidélité mais implorait le pardon de Dieu pour ses fautes. Comme Israël, mais aussi comme ce fils prodigue de l’Evangile, nous devons prendre conscience de notre péché, de nos égarements et implorer la miséricorde du Seigneur pour qu’il se réjouisse de notre retour. Parfois il nous arrive comme ce jeune homme de chercher une sorte de liberté selon notre cœur. Mais la vraie liberté n’est pas à rechercher en dehors de la volonté de Dieu.

Cette parabole de l’Evangile de laquelle nous avons une grande affection et dont la plupart des exégètes ont donné pour titre : « la parabole du père miséricordieux », car le protagoniste principale est le père, nous présente une catégorie de personnages auxquels nous ferons des rapprochements. Pour commencer, il nous semble que Jésus ne raconte pas cette parabole fortuitement. Il veut faire passer un message aux scribes et aux pharisiens qui le reprochent de manger avec les pécheurs et être avec eux. Ces scribes et pharisiens respectaient scrupuleusement la loi et les prescriptions et en apparence se sentaient différents des pécheurs. Donc il y a deux catégories de personnes : ceux qui sont proches de Jésus (les pécheurs) et ceux qui se prétendent justes (les scribes et les pharisiens). Ces deux types de personnes correspondent bien aux protagonistes de la parabole : le fils cadet qui représente les pécheurs et le fils ainé toujours fidèle au père, qui représente les scribes et les pharisiens. Mais Jésus a la préférence pour le cadet qui reconnait son mal et se repend en venant mendier le pardon du père, tandis que le fils ainé se vente d’avoir été toujours fidèle et exemplaire et refuse de partager la joie du père, comme ces scribes et pharisiens qui se ventent d’être justes et exemplaires avec leurs bandeaux sur le front et qui refusent de voir Jésus se souiller au milieu des pécheurs.

L’attitude du père dans cette parabole nous permet de cerner quel peut être le degré de miséricorde de Dieu. Chaque jour ce père guettait le retour de son fils, et lorsqu’il le vit il se jeta à son cou, sans le réprimander et organisa une fête en l’honneur de son retour. Dieu se réjouit toujours de voir un pécheur se convertir. Le pécheur qui se convertit, qui reconnait ses égarements obtient le pardon de Dieu et devient une créature nouvelle comme nous le dit Saint Paul dans la seconde lecture : « Frères si quelqu’un est en Jésus, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né » (Co 5, 17-18).

Il est très facile d’implorer le pardon de Dieu, mais nous, combien sommes-nous miséricordieux envers ceux qui nous demandent notre pardon ? Devant le comportement d’un membre de notre famille qui se drogue ou qui passe son temps à voler, quelles sont souvent nos réactions vis-à-vis de lui ? Une jeune fille en pleine puberté qui tombe enceinte, comment nous nous comportons vis-à-vis d’elle ? Une femme qui a trompé son mari, comment est-elle reçue ? Les accueillir en ouvrant son cœur est déjà un grand pas vers l’imitation du père miséricordieux. Cette année est dédiée à la miséricorde, que nous n’ayons pas peur d’offrir notre pardon à ceux qui en ont besoin et qui nous le demande.

Seigneur Jésus, tu n’es pas venu pour condamner mais nous manifester le pardon de ton Père. Tu nous invites à la conversion, à revenir à toi avec un cœur sincère, aide-nous à cultiver des champs de miséricorde dans nos cœurs pour construire un monde plus fraternel et rempli d’amour. Amen.

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