Homélie du 3ème dimanche du temps 3ème dimanche du Carême C/Abbé Stany Mapamgou Mboumba

                                                                                                    28 février 2016

image

Abbé Stany

La première lecture de ce dimanche a souvent été très mal interprétée avant que la recherche exégétique ne parvienne à identifier les deux récits couplés, à la base de ce texte.

Le premier, sans doute le plus ancien, a pour but de fonder la légitimité d’un sanctuaire ou d’un lieu de culte, par une révélation de Dieu lui-même. On en retrouve les traces dans la religion musulmane. Comme Moïse, le croyant est invité à se déchausser pour entrer dans la mosquée : « retire tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ».

Le second est un récit de vocation. C’est un type commun dans la littérature prophétique. Les éléments qui le caractérisent sont les suivants : la manifestation de Dieu à un élu, l’appel, l’ordre de mission, la résistance de l’envoyé et l’explicitation de la mission, qui conduit à la réponse positive de l’élu. Il n’est plus possible de lire un texte aussi complexe que celui-ci sans tenir compte des avancées de la recherche biblique.

Finalement, tout s’enracine dans la réponse que nous donnons à l’appel de Dieu. C’est la base de notre vie de foi. Une réponse qui devrait pouvoir dépasser notre propre volonté positive et s’enraciner dans le mystère de la grâce de Dieu : « Celui qui se croit solide – c’est-à-dire qui compte sur ses propres forces – qu’il fasse attention à ne pas tomber » (2ème lecture).

Le mystère de la grâce jette un éclairage nouveau sur ces tragédies de la vie quotidienne dont le sens nous échappe. « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? » ou encore « ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? » (évangile). Les paroles de Jésus, sans pour autant faire un lien direct entre ces événements et leur causalité, nous révèlent le plus grand mal qui soit source de mort pour l’homme : le péché et le refus de se convertir. « Si vous ne vous convertissez pas, dit Jésus, vous périrez tous de même ».

Nous devrions mettre à profit le temps qui nous est donné, comme le vigneron de l’évangile, pour bêcher autour de nous. Ainsi la grâce qui nous précède toujours et nous accompagne, comme tous ces nutriments autour de la plante, puisse pénétrer en nous et faire son travail : celui de nous faire porter du fruit.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s