Huit questions sur le carême 

careme 2016I. Qu’est ce que le Carême ?

On appelle « carême » la période de quarante jours (quadragesima) réservée à la préparation de Pâques, et marquée par l’ultime préparation des catéchumènes qui doivent recevoir le baptême le jour de Pâques.

II. Pourquoi le carême dure-t-il quarante jours ?

Le carême dure quarante jours parce que ce nombre a une valeur symbolique dans la Bible :

40 jours de Jésus au désert au début de son ministère, temps d’épreuve et de ressourcement (Mt 4,2)

symbole des 40 ans du séjour des Hébreux au désert durant l’Exode.

On pourrait évoquer aussi dans la Bible :

40 jours de Moïse sur la montagne en présence de Dieu (Exode 24,18)

40 jours de marche d’Elie vers la montagne de Dieu (1 R 19,8)

40 jours de déluge où la terre est recouverte (Genèse 7,4)

40 jours de pénitence de Ninive sur les injonctions de Jonas (Jonas 3,4)

40 ans de l’Exil des juifs à Babylone

40 ans, c’est le temps (à l’époque de la Bible !) d’une vie humaine, d’une génération. Cela veut dire que ces 40 jours sont le symbole de toute notre vie. Il en est de même pour Jésus au désert. Si les Evangélistes ont choisi de raconter un séjour de 40 jours au désert où il fut tenté, c’est pour signifier que toute sa vie, ces tentations l’ont assailli : tentation d’imposer sa force par des miracles, tentation de prendre ou d’accepter le pouvoir politique, tentation d’échapper à sa passion ; bref tentation de montrer qu’il était Dieu en refusant d’être un homme.

III: Quel est le sens du Carême chez les chrétiens ?

Le sens du Carême chez les chrétiens est qu’il est un temps de jeûne, de prière et de partage en préparation de Pâques Pour les catéchumènes le temps du catéchuménat en préparation du Baptême qui sera reçu dans la nuit pascale ; un peu comme un temps de fiançailles. Il reste pour tous un temps de ressourcement et de « révision » des bases de notre foi. Pour les pénitents un temps de pénitence en préparation de la réconciliation qui était célébrée autrefois le Jeudi Saint, à l’époque où l’on ne pouvait recevoir le sacrement de la réconciliation qu’une seule fois dans sa vie, après une faute extrêmement grave, comme d’avoir abjuré sa foi ou tué quelqu’un ; c’était un peu comme un second baptême. Il reste pour tous un temps de conversion et de pénitence où l’on demande le pardon de Dieu.

IV. Comment  pratique-t-on  le carême  ?

La pratique du Carême porte  sur 3 points (voir Mt 6, 1-18) :

– Le jeûne. C’est-à-dire une forme de privation par quoi on veut montrer que l’on est libre par rapport aux dépendances matérielles : tabac, alcool, drogue, bien sûr, mais aussi d’autres formes de dépendances qui dépassent de loin la seule nourriture. C’est, dans toutes les religions, un exercice qui favorise l’intériorité. Concrètement, au cours du Carême le Jeûne est demandé le jour du Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. Il consiste à prendre un repas léger le midi, sans alcool et sans viande. Ne pas confondre avec l’abstinence (de viande) qui est demandée, durant le Carême, tous les vendredis et le mercredi des Cendres.

– Le partage, ou l’aumône. Si le jeûne nous permet de vivre en hommes libres, le partage nous invite à vivre en frères. Lié au jeûne, le partage indique le sens de nos privations. Il ne s’agit pas de se priver pour le plaisir (ou plutôt pour la douleur), mais bien pour s’ouvrir aux autres. Après tout, nous célébrons à Pâques, le don de soi du Fils de Dieu, auquel nous sommes invités à répondre à notre tour. Traditionnellement, durant cette période de Carême, les communautés chrétiennes, la CARITAS.

– La prière est le troisième volet de la pratique du Carême. Cette fois, c’est une invitation à vivre en fils de Dieu. Si par le jeûne, on se « désencombre » de soi, si par le partage on comble l’autre de notre richesse, par la prière on se remplit de la présence de Dieu, ou plutôt on laisse Dieu nous remplir de sa présence. Comme pour le jeûne et le partage, on se reportera à l’Evangile selon st Matthieu (Mt 6, 1-18) qui engage à vivre le jeûne, le partage et la prière « dans le secret », c’est-à-dire non pas de manière extérieure, formelle et ostentatoire, mais dans l’intériorité. Le plus important, c’est l’attitude intérieure et non pas le respect formel d’un rite par pure obéissance. Dans beaucoup de paroisses ou de mouvements (ou d’Etablissements scolaires) ce temps de Carême est l’occasion d’organiser des réunions de prière ou de réflexion ou encore des célébrations supplémentaires.

V. Pourquoi le carême commence-t-il un mercredi ?

A l’origine, le carême commençait le dimanche, qu’on appelle toujours le « premier dimanche de Carême. Mais, comme le dimanche est un jour où l’on ne jeûne pas, puisque chaque dimanche on fête la Résurrection de Jésus, au VIème siècle, pour que le nombre de 40 jours de jeûne reste effectif, on a avancé le début du Carême au mercredi qui précède le 1er dimanche. A partir du Xème siècle, on a instauré le rite des Cendres en signe de pénitence. D’où le nom de « mercredi des cendres ».

VI. Pourquoi des cendres ? Et que fait-on avec ? Il s’agit d’un très vieux rite, qui n’est pas propre aux chrétiens et qui signifiait que l’on faisait pénitence, c’est-à-dire que l’on reconnaissait que l’on avait fait des péchés, qu’on le regrettait et qu’on se promettait de les réparer. Les cendres rappellent que la vie humaine est peu de choses et qu’il est important de se tourner vers l’essentiel avant qu’il ne soit trop tard. Au cours d’une célébration, le prêtre fait un petit signe de croix sur le front des fidèles avec des cendres en disant la phrase suivante : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière », mais aujourd’hui on dit plutôt: « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile »

VII. Quelles sont les étapes du Carême ?

Il commence donc le Mercredi des Cendres. Comme autrefois la pratique du jeûne était beaucoup plus stricte que maintenant et que, par exemple, on ne mangeait ni viande, ni matière grasse durant les 40 jours, la veille, on disait « Adieu à la viande » en latin « Carna vale ! » qui a donné le mot Carnaval ; et l’on finissait les matières grasses que l’on avait encore à la maison, notamment en faisant des crêpes, c’est l’origine du mot « Mardi gras » qui est donc la veille du Carême. Suivent 5 semaines de carême. La 6ème semaine s’appelle la Semaine Sainte ou semaine de la Passion, depuis le Dimanche des Rameaux où l’on fête l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem. [Les 3 évangiles synoptiques situent cet événement une semaine avant Pâques, donc au début de la Passion – tandis que Jean, plus historique, le place 6 mois avant, lors de la fête juive des Tentes (Soukkoth), témoin le bouquet de plantes (Lulav) que les juifs constituent et agitent rituellement lors de cette fête et que rappellent nos branches de buis.] La semaine se termine par le Triduum (= 3 jours) pascal : Jeudi saint : commémoration de la 1ère eucharistie ; on dit aussi la Cène ou repas rituel pascal que Jésus a pris avec ses disciples la veille de sa mort. C’est traditionnellement la fête des ministres ordonnés (évêques, prêtres, diacres). En toute rigueur de termes, le Carême s’arrête ce soir-là Vendredi saint : Célébration de la mort de Jésus. Jour de jeûne et d’abstinence. Le soir un Office de la Passion célèbre l’événement. La piété populaire a instauré la pratique du Chemin de Croix, en général dans l’après midi, à l’heure où les évangiles fixent la mort de Jésus. Samedi saint : temps de veille et de prière autour de Jésus au tombeau. Ce jour-là aucune messe n’est célébrée, ni baptême. Le soir, la fête de Pâques proprement dite commence avec la Veillée (ou Vigile) pascale. Grande célébration de la Résurrection autour des signes de la lumière (feu) et de l’eau (baptême) ; où un cycle de lectures bibliques rappelle les grandes étapes de l’histoire du salut et au cours de laquelle sont célébrés les baptêmes des catéchumènes. C’est la célébration la plus importante de l’année pour un chrétien.

VIII. A quoi sert-il de manger du poisson le Vendredi de Carême ?

D’abord, il n’a jamais été demandé de manger du poisson, mais seulement de ne pas manger de viande. C’est la tradition qui a fait qu’on a pris l’habitude de remplacer la viande par du poisson. Bien sûr qu’il existe de très bons poissons et qu’on peut se régaler bien plus en mangeant un bon poisson qu’une mauvaise viande. Le but n’est pas de se faire du tort en mangeant quelque chose de mauvais. D’ailleurs, la bonne question à se poser, ce n’est pas « à quoi ça sert », mais « qu’est-ce que ça veut dire ? » Ce n’est pas une question d’utilité, mais de sens. Quel est alors le sens du poisson ? D’abord, traditionnellement le poisson était considéré comme un plat moins consistant que la viande et qui donc pouvait constituer une forme de jeûne. Ensuite, en accord avec la tradition orientale, on peut y voir le symbole de la non-violence (À condition qu’on accepte que la pêche soit moins violente que la chasse ou l’abattage !) Enfin, il n’est pas impossible non plus de voir dans le poisson l’anagramme du titre du Christ. En effet, en grec, « poisson » se dit ICHTHUS qui se compose des initiales de la formule Ièsous CHristos THeou Uios Sautèr, qui signifie « Jésus Christ, Fils de Dieu, Sauveur. »

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