Homélie du 1er dimanche de Carême C

Dimanche 14 février 2016
Stany

Abbé Stany Mapamgou, Exégète

La première lecture de ce premier dimanche de Carême nous installe au cœur d’une réalité incontournable dans la foi d’Israël : la mémoire. Israël est un peuple qui fait mémoire ! En déposant devant l’autel les prémisses de leurs récoltes, les fils d’Israël sont invités à prononcer ces paroles : « Mon père était un araméen nomade qui descendit en Egypte (…) Les égyptiens nous ont maltraités, et réduits à la pauvreté ; ils nous ont imposé un dur esclavage (…) Le Seigneur nous a faits sortir d’Egypte à main forte et à bras étendu ». Aucun geste de la vie courante n’est trop banal pour ne pas devenir une occasion de célébrer les merveilles accomplies par Dieu dans l’histoire.
Quand la mémoire d’un peuple n’est pas célébrée, s’installent le doute et l’erreur. Les repères se perdent. La foi ne se ravive et ne se nourrit que dans la célébration des merveilles que Dieu accomplit pour nous. L’apôtre Paul enseigne dans sa lettre aux Romains que la foi proclamée – et sans doute continuellement répétée – conduit au salut : « Si tu affirmes de ta bouche que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé ».
Les réponses de Jésus au Tentateur sont, assurément, un bon exercice de restitution de la mémoire. Jésus ne doit son salut qu’à sa fidèle identification à la Parole de Dieu. Jésus est lui-même cette Parole. Il se connaît lui-même. Il faut le dire : devant la tentation de l’autosatisfaction dans sa mission, Jésus choisit de ne pas trahir son identité. Il reste fidèle à ce qu’il est, c’est-à-dire Fils du Père et obéissant à sa volonté, ainsi qu’à son projet sur l’homme.
Eduqué dans la mémoire de son peuple et en même temps Fils de Dieu, Jésus marche résolument vers le ministère de Rédemption qu’il est venu accomplir. Ses rêves et ses aspirations ne correspondent pas à ceux du Tentateur. C’est bien pourquoi aucune compromission qui compromette sa mission n’est possible.
Nos aspirations désordonnées ne sont-elles pas autant de portes volontairement ouvertes à l’Adversaire ? Les routes vers lesquelles il nous déroute trop souvent, ne sont-elles pas que l’aboutissement de nos rêves de nous construire en dehors du projet de Dieu ? Nous sommes bien fils d’Adam ! Convertissons-nous et apprenons à devenir frères de Jésus-Christ. Ce temps favorable du Carême nous est donné pour cela.
S. M

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