Gabon: Brebis galeuses et galeuse galaxie

 

Monsieur l’Abbé Casimir Ondo-Mba, Exégète en service au Grand Séminaire National Saint-Augustin a porté un regard sur les publications du quotidien National l’union des 13 et 14 de ce mois : »Le 12 janvier 2016, Mgr Eusebius CHINEKEZI OGBONNA MANAGWU,   est nommé évêque de Port-Gentil par le pape François, une joyeuse nouvelle pour la nation et surtout pour l’Eglise catholique qui est au Gabon. L’annonce se trouve toutefois en bas de page avec une petite photo. Le 14 janvier 2016, par contre, une information gênante cette fois, l’évêque d’Oyem à la barre, avec photo et titre en gros plan. Ce clerc au regard lucide et en veilleur de YHWH  poursuit son analyse et déclare: » Il est difficile de penser que cette présentation soit fortuite ».

Le moins futé des lecteurs du quotidien national l’Union aura certainement remarqué la première page respective des numéros du mercredi 13 et du vendredi 15 janvier courant de ce journal, sur les événements religieux de la veille.
Le 12 janvier 2016, Mgr Eusebius CHINEKEZI OGBONNA MANAGWU,   est nommé évêque de Port-Gentil par le pape François, une joyeuse nouvelle pour la nation et surtout pour l’Eglise catholique qui est au Gabon. L’annonce se trouve toutefois en bas de page avec une petite photo. Le 14 janvier 2016, par contre, une information gênante cette fois, l’évêque d’Oyem à la barre, avec photo et titre en gros plan. Il est difficile de penser que cette présentation soit fortuite.
Une évidence s’impose de prime abord. Bien que la vie et la doctrine de Jésus Christ lui-même soient parfaites et irréprochables, le pape Jean-Paul II, placé très vite sur les autels, a jugé bon de demander pardon pour les majeures sortes de fautes des membres de l’Eglise dans l’histoire. C’était une manière honnête et humble de reconnaître que les actes des chrétiens, de la base au sommet, ne correspondent pas toujours à l’enseignement et à l’exemple du Christ donc la sainte volonté de Dieu et au bien véritable de l’humanité.
Loin de moi donc de nier la possibilité de la gale chez les membres du clergé en général et en ce qui me concerne en particulier. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour ne pas déplorer l’usage que certains semblent faire des dérapages éventuels des uns et des autres. Le but du déballage public paraît manifestement moins de corriger les erreurs, que de vilipender les personnes et de salir l’Institution, en imposant également le silence par un chantage à peine déguisé: « balayez d’abord devant votre porte, faites votre autocritique avant de nous interpeller !»
Le propos ne manque pas de pertinence et il ne peut laisser indifférent, surtout si l’on y décèle de la bonne foi, au lieu de la malveillance et du chantage que nous venons d’évoquer. Les gens de l’Eglise ont quelque chose de plus crucial à faire que l’autocritique. Ils ont sans cesse à pratiquer eux-mêmes et à proposer aux autres un sérieux examen de conscience, sur ce terrain abrupt ou se joue le sort éternel de chacun, la vie ou la mort au sortir de ce monde, après un face a face constant et mystérieux entre la liberté humaine et la divine miséricorde. Tel est le message religieux central qui ne fait acception à personne, surtout pas ceux qui le véhiculent !
Pourtant, la critique complémentaire qui dérange tous les hommes politiques et qui justifie bien de règlements de compte, n’est en général, ni une leçon de morale a leur actes privés. Il s’agit souvent simplement d’un cri de détresse par tous, les politiciens eux-mêmes compris, car la politique englobe les divers aspects de l’existence (travail, santé, sécurité, éducation…)
Certes, tant qu’un homme ou une femme politique a le vent en poupe, il supporte habituellement fort mal les réserves sur la politique en cours dans le pays et le rôle des voix sans voix peut créer un fossé profond. Mais dès qu’on perd sa place ou quelque autre avantage, on commence à murmurer bas, voire a crier haut contre l’injustice et l’ingratitude, en oubliant que c’est le lot de la majorité dans un régime inégalitaire ou sectaire. Bref, au lieu de se demander sereinement si l’Etat comme tel n’a pas un devoir stable d’aider les confessions religieuses pour le bien des citoyens croyants, les uns vont reprocher aux hommes de Dieu de trop parler malgré les gratifications qu’ils reçoivent et les autres au contraire vont blâmer leur ‘’coupable silence’’ au nom des mêmes cadeaux. Cependant, le discours social de l’Eglise essaie pour sa part d’attirer l’attention sur les différentes situations avec le maximum d’objectivité et sans chercher à diaboliser qui que se soit de fait, alors qu’on cite nommément les gens de l’Eglise partout, les homélies et les medias catholiques ne citent personne en mal, ce qui veut dire qu’on s’intéresse au système sans attaquer les individus.
On dira en l’occurrence que c’est un plaignant, un particulier qui a tenu à trainer un prélat à la barre, en dépit des non-lieux précédents. Soit. Mais voici des questions brulantes à propos des indices fiables sur les commanditaires et les exécutants de nombreux crimes rituels : « N’y a-t-il jamais eu un individu ou une famille décidés de pousser des recherches jusqu’au bout ? Ne s’est-il jamais trouvé une juge pour rappeler avec intrépidité que nul n’est au-dessus de la loi ? Pourquoi aucun cas n’a abouti jusqu’à présent ? » Et pourtant, chacun doit se sentir pour lui-même et pour les siens sous la menace de ce terrible fléau ! C’est le système, la galaxie gabonaise !
Que les gabonais, surtout ceux de l’Eglise se délectent donc du spectacle audiovisuel des brebis galeuses_ vraies ou fausses, surtout celles de l’Eglise où l’on ne se prend point au-dessus de tout soupçon. C’est leur droit, avec un divertissement qu’on peut s’offrir a peu de frais !
Mais attention, que la réaction n’occulte pas de vrais problèmes. Que les gabonais comprennent bien que la stagnation socio-économique et la régression multiforme, ainsi que la descente imparable e l’abime, et peut-être la mort programmée de leur peuple, tout cela ne pourra provenir de brebis galeuses quelles qu’elles soient, individuellement. Ce sera la conséquence tragique d’un système accepté de nous-mêmes par manque de volontee politique patriotique, d’autant plus dangereux qu’il devient une macabre nébuleuse, la galeuse galaxie gabonaise.
Les erreurs et les fautes des brebis galeuses compromettent certes la société toute entière, surtout les membres de la communauté concernée, mais, elles nuisent surtout aux malades eux-mêmes, qui doivent guérir ou périr. Par contre, l’hideuse galaxie que nous ne caressons dans le sens du poil par lâcheté ou par intérêt, constitue un système mortifère qui peut nous emporter tous sans exception, si nous continuons de manquer de vigilance et de courage. Evitons donc l’amalgame et la cécité volontaire qui ne mènent nulle part.

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