Le pape a reçu en audience, le vendredi 11 septembre, dans la  salle Clémentine du Vatican, les participants du Rassemblement international organisé par la Fondation pour le développement durable, avec le soutien des Conseils pontificaux Justice et Paix et pour la pastorale des services de la santé, sur le thème : « Justice environnementale et changements climatiques ».

voici le discours du Pape Francois:

Mesdames et Messieurs, bonjour et bienvenue !

Je remercie le docteur Ronchi et le docteur Caio d’avoir introduit notre rencontre ; et je vous remercie tous d’avoir collaboré à ce Rassemblement international consacré à un thème dont on ne peut exagérer l’importance et l’urgence. Le climat est un bien commun, aujourd’hui gravement menacé : c’est ce qu’indiquent des phénomènes comme les changements climatiques, le réchauffement mondial et l’augmentation des événements météorologiques extrêmes. Ce sont des thèmes qui font l’objet d’une grande attention de la part des médias et de l’opinion publique, et autour desquels ont lieu actuellement de vifs débats scientifiques et politiques d’où a émergé un consensus général, même s’il n’est pas unanime.

Pourquoi et comment s’en occuper ? Nous ne pouvons pas oublier les graves implications sociales des changements climatiques : ce sont les plus pauvres qui pâtissent le plus durement de leurs conséquences ! C’est pourquoi – comme le souligne justement le titre de votre rassemblement – la question du climat est une question de justice ; et aussi de solidarité, que l’on ne doit jamais séparer de la justice. Ce qui est en jeu, c’est la dignité de chacun, en tant que peuple, en tant que communauté, en tant que femmes et hommes.

La science et la technologie mettent entre nos mains un pouvoir sans précédent : il est de notre devoir, envers l’humanité tout entière et en particulier envers les plus pauvres et les générations futures, de l’employer pour le bien commun. Notre génération réussira-t-elle à « rester dans les mémoires pour avoir assumé avec générosité ses graves responsabilités » (Enc. Laudato si’, 165) ? En dépit des nombreuses contradictions de notre temps, nous avons des raisons suffisantes pour alimenter l’espérance d’y parvenir. Et nous devons nous laisser guider par cette espérance. Dans cet engagement qui est le vôtre, je souhaite à chacun de vous d’expérimenter le goût de participer à des actions qui transmettent la vie. La joie de l’Évangile demeure aussi là.

De quelle manière pouvons-nous exercer notre responsabilité, notre solidarité, notre dignité de personnes et de citoyens du monde ? Chacun est appelé à répondre personnellement, à sa mesure, en fonction du rôle qu’il joue dans sa famille, dans le monde du travail, de l’économie et de la recherche, dans la société civile et dans les institutions. Sans prétendre à des recettes improbables : personne ne les a ! Mais plutôt en offrant au dialogue ce qu’il a compris et en acceptant que son propre apport soit remis en question : il est demandé à tous une contribution en vue d’un résultat qui ne peut être que le fruit d’un travail commun. Le grand ennemi, ici, est l’hypocrisie.

Votre rassemblement représente, à juste titre, un exemple de la pratique de ce dialogue, que j’ai proposé dans l’encyclique Laudato si’ comme unique voie pour aborder les problèmes de notre monde et chercher des solutions vraiment efficaces. Je vois comme un signe de grande importance, et même providentiel, qu’à ce rassemblement participent des représentants importants de « mondes » différents : la religion et la politique, l’activité économique et la recherche scientifique dans de multiples secteurs, les organisations internationales et celles qui sont engagées dans la lutte contre la pauvreté.

Pour porter du fruit, ce dialogue a besoin d’être inspiré par une vision aussi transparente qu’ample, et de procéder selon une approche intégrale, mais surtout participative, en incluant toutes les parties en cause, y compris celles qui restent plus facilement en marge des processus institutionnels. Je vous adresse à tous une invitation pressante à déployer tous les efforts possibles pour que, autour des tables où l’on cherche le moyen de résoudre la crise unique et complexe socio-environnementale, puisse se faire entendre la voix des plus pauvres parmi les pays et parmi les êtres humains : ceci aussi est un devoir de justice environnementale.

Face à l’urgence des changements climatiques et le regard tourné vers les rendez-vous cruciaux où ils seront abordés dans les prochains mois – l’approbation des Objectifs de développement durable de la part des Nations unies à la fin de ce mois et, surtout, la COP21 de Paris début décembre – je désire proposer que ce dialogue devienne une authentique alliance pour parvenir à des accords environnementaux mondiaux réellement significatifs.

Sur ce parcours, vous pouvez compter sur mon soutien personnel et celui de toute l’Église, à commencer par celui, indispensable, de la prière. Dès maintenant, j’offre au Seigneur notre effort commun, lui demandant de le bénir pour que l’humanité sache enfin écouter le cri de la terre – aujourd’hui notre mère la terre fait partie des nombreux exclus qui demandent de l’aide en criant vers le Ciel ! Notre mère la terre est une exclue ! – le cri de la terre, notre mère et notre sœur, et des plus pauvres parmi ceux qui l’habitent, et qu’elle sache en prendre soin. Ainsi, la création se rapprochera de plus en plus de la maison commune que notre unique Père a imaginée comme don pour la famille universelle de ses créatures. Je demande pour vous tous la bénédiction de Dieu. Merci.

tiré de Zenith

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