Homélie du 11ème dimanche du Temps Ordinaire Année B

Un regard rapide et intelligent sur la première lecture et l’évangile de ce dimanche, nous permet de nous apercevoir que Jésus n’est pas le premier à enseigner la Parole de Dieu en paraboles. Déjà la tradition prophétique, bien des siècles avant Jésus, utilisait des images pour illustrer la relation de Dieu à son peuple ou pour signifier l’agir de Dieu en faveur de celui-ci.

Contrairement à ce que nous pouvons penser, la fonction des paraboles n’est pas de cacher aux auditeurs de Jésus un message sensé être ésotérique, et qu’il expliquerait ensuite, en privé, à ses disciples. Les paraboles essaient plutôt de traduire dans un langage simple, proche de la culture et des habitudes des humbles gens, des réalités spirituelles qui dépassent l’entendement humain pour qu’elles prennent chair dans le quotidien. Un des motifs privilégiés des paraboles sont le domaine agricole et pastoral qui correspond bien à la vie des paysans auxquels la Parole de Dieu est adressée.

Le besoin pour Jésus d’expliquer en privé le sens des paraboles correspond à un processus d’initiation auquel le disciple est soumis. Sans entrer dans l’intimité de son maître, celui qui veut suivre Jésus court le risque d’interpréter à sa façon ce qu’il entend, sans prendre le recul nécessaire de la méditation de la Parole, aux pieds du maitre qui l’initie aux mystères du Royaume.

La nature a le mérite de nous enseigner la Providence : Dieu seul est à l’œuvre, et nous les hommes, ne sommes que récipiendaires de ses bienfaits. « Que nous dormions ou que nous veillions », « de jour comme de nuit », le Royaume germe en nous patiemment et produit son fruit. Qui se laisse travailler par le Seigneur produit du fruit et attire par la personne qu’il devient, l’arbre aux oiseaux, que dans son humble petitesse, Dieu veut bien mettre au service de la multitude.

Le service est notre vocation. Et le serviteur est appelé à rendre compte à celui qui l’a engagé à son service. C’est pourquoi, comme nous le rappelle l’apôtre Paul, nous devrons un jour nous présenter devant le tribunal de Dieu pour lui présenter ce que nous aurons vécu dans notre corps, au service de nos frères, en bien comme en mal. Prions pour que ce rendez-vous soit pour chacun un moment de joie profonde et de communion totale avec le maître. Le moment de rendre compte n’est, en effet, douloureux que pour le mauvais serviteur qui craint un jugement à la hauteur de son infidélité.

S. M.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s