Homélie du 5ème dimanche du temps de Paques, Année B

conversion-saintpaulLa conversion de Paul nous est racontée trois fois dans le livre des Actes des Apôtres (9,1-22 ; 22,3-22 ; 26,4-18). On retrouve également dans certaines lettres  pauliniennes de brèves allusions à cet épisode fondamental de sa vie. Comme pour dire que cette tradition est fondée. Elle a sans doute dû exister, à l’origine, sous la forme d’un témoignage de l’apôtre lui-même et qui circulait en de versions orales multiples dans les premières communautés chrétiennes. Cela explique l’existence de plusieurs récits dans le même livre des Actes.

Il est important de noter ce qui est en jeu ici. L’événement vécu par l’apôtre n’a rien d’extraordinaire, s’il ne nous rejoint dans la réalité de notre vie. Autrement dit, nous sommes appelés comme Paul, à faire une expérience personnelle de Jésus-Ressuscité : faire cette rencontre bouleversante, entendre sa voix, écouter ses paroles et en saisir la répercussion dans notre propre histoire. Le chemin de Damas qui menait à la persécution de l’Eglise, se détourne de son objectif pour assumer la mission assignée par le Christ !

Mais la conversion de Paul n’est réelle que si elle ne se réduit pas à une révélation privée. Elle porte ses fruits dans l’Eglise et pour l’Eglise. Ce n’est que dans la communauté ecclésiale que Paul recevra le baptême. A travers un homme : Ananie, il est appelé à confronter son expérience à celle de la communauté des disciples du Christ, qui en même temps assume la responsabilité d’authentifier ce qu’il a reçu. Il n’existe donc pas de disciple de Jésus-Christ sans l’Eglise des hommes – même s’ils sont pécheurs. Le rapport du sarment à la vigne suppose une relation à d’autres sarments. Tous les sarments, tirant leur vie de l’unique vigne, sont appelés à porter du fruit ensemble. Jésus ne tient pas un discours adressé à une personne seul, mais à une communauté : « Moi je suis la vigne, et vous êtes les sarments. »

Une belle leçon de conversion face aux événements que nous avons vécus dans notre Eglise archidiocésaine la semaine écoulée : réapprendre à vivre l’Eglise, même lorsque nous sommes tentés de ne plus y croire. Accepter qu’en dehors de l’Eglise notre vie se dessèche et que nous ne porterons pas de fruits si nous prétendons vivre notre foi en reniant les hommes qui l’incarnent.

Abbé Stany MAPANGOU

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