4e dimanche de Carême, Année B : Homélie

La liturgie de ce 4ème dimanche nous invite à accueillir la miséricorde du Seigneur.  L’apotre Jean précise en quoi consiste cette miséricorde : «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils (…) pour que, par lui, le monde soit sauvé». Et ce salut est simple à accueillir, il suffit, nous dit Jésus, de lever les yeux vers le crucifié pour recevoir de lui la grâce du pardon.


– 1ère lecture : La colère et la miséricorde du Seigneur manifestées par l’exil et la délivrance du peuple (2 Ch 36, 14-16.19-23)Serpent

 

– Psaume : 136 (137), 1-2, 3, 4-5, 6

R/ Que ma langue s’attache à mon palais si je perds ton souvenir !

 

– 2ème lecture : « Morts par suite des fautes, c’est bien par grâce que vous êtes sauvés » (Ep 2, 4-10)

 

– Évangile : « Dieu a envoyé son Fils pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 14-21)

En ce quatrième dimanche de careme l’Antienne d’ouverture de la messe nous invite à la joie:

«  Réjouissez-vous avec Jérusalem ! Exultez en elle, vous tous qui l’aimez ! Avec elle, soyez pleins d’allégresse, vous tous qui la pleuriez !

 Alors, vous serez nourris de son lait, rassasiés de ses consolations ; alors, vous goûterez avec délices à l’abondance de sa gloire. »

C’est le dimanche de la joie. Une étape de repos dans cette marche de careme, avant la montée définitive à Jérusalem. Les lectures d’aujourd’hui nous disent le vrai motif de cette joie: « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. » Dans le deuxieme lecture saint Paul déclare que : « Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont Il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ -c’est par grâce que vous êtes sauvés !-  » Dans la première lecture nous avons un exemple significatif de la miséricorde divine : la reconstruction du temple de Jérusalem après la destruction et l’exile.

Le second livre des chroniques nous montre la patience et la générosité de Dieu, qui n’hésite pas envoyer des messagers pour indiquer au peuple la voie juste à suivre, une voie qui sécurise la paix et la Joie. Dieu le fait parce qu’il aime son peuple, et parce que Dieu aime aussi sa demeure, le beau temple de Jérusalem construit par Salomon. Mais cette générosité de Dieu fait face à l’infidélité continuelle du peuple, commençant par ses chefs. Nous lisons dans le second livre des chroniques :  « les chefs des prêtres et du peuple multipliaient les infidélités, en imitant toutes les abominations des nations païennes, et ils profanaient la Maison que le Seigneur avait consacrée à Jérusalem…Mais eux tournaient en dérision les envoyés de Dieu, méprisaient ses paroles, et se moquaient de ses prophètes  ». La malédiction de Dieu fut inévitable pour le peuple et les ennemies assiégèrent Jérusalem, tout en détruisant le lieu de sacrifice et brûlèrent le temple, le demeure de Dieu, le symbole de l’alliance de Dieu avec son peuple. Ils démolirent les murs de Jérusalem, brûlèrent aussi toute la cité.Après cela ce fut la déportation : « Nabuchodonosor déporta à Babylone ceux qui avaient échappé au massacre ; ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils. »

Quarante année après Cyrus, roi des Perses,par inspiration divine décide de libérer les israélites et de les faire retourner à Jérusalem pour reconstruire le temple.Nous avons ici la manifestation de la générosité et de la fidélité de Dieu envers son peuple, en dépits des crimes et des infidélités accomplis.Cyrus dit aux israélites« Le Seigneur, le Dieu du ciel,m’a donné tous les royaumes de la terre ;et il m’a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, en Juda. Quiconque parmi vous fait partie de son peuple, que le Seigneur son Dieu soit avec lui, et qu’il monte à Jérusalem ! »

Cette histoire est en réalité, une préfiguration de la grande générosité de Dieu qui se manifestera après la grande infidélité de Dieu du peuple Juif, qu’est la condamnation de à mort de Jésus, le refus de leur Messie : Dieu le fait ressuscité. Cette résurrection n’est pas un fait qui regarde seulement Jésus mais aussi chacun de nous. Paul nous dit :  « Dieu est riche en miséricorde ;à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes,il nous a donné la vie avec le Christ :c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui, il nous a ressuscités et il nous a fait siéger aux cieux, dans le Christ Jésus. Il a voulu ainsi montrer, au long des âges futurs, la richesse surabondante de sa grâce,par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus.  »

La résurrection de Jésus est un miracle de l’amour dont la grandeur dépasse la reconstruction du temple de Jérusalem dont a fait mention la première lecture. Jésus avait prédit aux Juifs la destruction du temple : « Détruisez ce temple et en trois jours je le rebâtirai »(Jn2,21).

La résurrection de Jésus est aussi un don pour toute l’humanité. Jésus affirme dans l’Évangile :  « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. » Disons que Dieu n’a pas seulement aimé le peuple hébreux. L’amour de prédilection dont le peuple hébreux avait bénéficié, n’était pas un amour exclusif mais un amour ouvert et destiné à tous les peuples de la terre. « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Dieu nous a donné son Fils l’élevant sous le bois de la croix mais l’ élevant aussi près de Lui, à sa droite dans les cieux. La croix est comme le début d’un mouvement d’élévation qui est comparable au mouvement résurrection et ascension de Jésus au ciel et qui met près de Dieu notre condition humaine, c’est vraiment un avantage pour chacun de nous.

Jesus dit à Nicodème :« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. » Le serpent de bronze. Jésus fait ici allusion à un épisode qui date du temps où le peuple marchait au désert, épisode raconté dans le Livre des Nombres (21, 4-9). À cette époque, voici que le peuple se met une fois de plus à murmurer contre Dieu, contre Moïse : on a faim, on a soif, on en a assez de ce que Dieu donne chaque jour, on n’aurait pas dû quitter l’Égypte… Le train-train quotidien, quoi. Et là Dieu ne supporte plus. Les gens râlent tout le temps et ne prennent jamais en compte ce que leur Seigneur fait pour eux. Alors Dieu envoie « des serpents brûlants » qui mordent bon nombre d’entre eux. Coup classique alors : le peuple panique, se repent, va trouver Moïse pour qu’il fasse quelque chose et celui-ci intercède. Dieu donne à Moïse un antidote : « Fais-toi un serpent brûlant et mets-le sur une hampe ; quiconque aura été mordu et le regardera restera en vie » (Nombres 21, 8).

Une chose que je trouve extraordinaire c’est l’humour et l’amour de Dieu : « Le serpent vous mord ? Regardez le serpent ». Il ne s’agit pas d’éviter ce qui nous tue ou nous fait peur ; nous allons au contraire le regarder, l’envisager, et cela sera bénéfique. Le lieu qui me tue est aussi le lieu qui me sauve. Ce serpent de bronze accroché sur un mât rappelle encore le serpent du début enroulé sur un arbre. En écoutant ses démons, le peuple au désert rejoue la scène de Genèse 3 : parler et penser sans Dieu, ignorer délibérément ce que Dieu donne, et se faire à la place son cinéma. Dans la recherche de notre libération dans les années 1990, nous nous sommes taillé une constitution en évacuant Dieu … « Vous voulez le règne du serpent ? » semble dire Dieu, « eh bien, voici des serpents !

Jésus a voulu être ce serpent qui dans un certain sens est symbole du péché et aussi de la punition. La croix est cela : péché et aussi de la punition. Jésus a comme force l’amour, de ce fait il a changé la signification de la croix : d’instrument de punition pour les esclaves rebellés est devenue la manifestation du plus grand amour. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ce qu’on aime »( Jn 15,13).

La croix est la manifestation plus grande de l’amour de Dieu : un amour qui provient du cœur du Père,accueilli avec reconnaissance et générosité par le cœur du fils et s’unit à toute le monde. Jésus affirme :  « Dieu n’a pas envoyé son fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui ».Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive(Cf. Ez 33,11). Tous les pécheurs sont invités a avoir foi à l’infini miséricorde de Dieu, qui se manifeste dans la mort de Jésus sur le bois de la Croix.

Dieu ne veut pas forcer la liberté des hommes. Ainsi nous pouvons toujours agir comme les hébreux avaient agit au moment de la destruction du temple de Jérusalem, quand ils se moquèrent des messagers de Dieu, tournaient en dérision la Parole de Dieu et tuèrent les prophètes. Il est possible dans l’exercice de notre liberté de fermer son cœur à l’amour qui nous vient de Dieu , et faire le choix des ténèbres plutôt que la lumière.

Nous sommes inviter a ouvrir toujours notre cœur à l’amour infini de Dieu, à sa miséricorde plein de délicatesse et de générosité. En ce temps de carême , notre joie consiste à toujours mieux accueillir l’infinie miséricorde de Dieu.Ne jamais nous fatiguer, comme nous l’enseigne notre cher Pape François, de recevoir le pardon, et mener une vie qui témoigne de la justice et remplie de charité.

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